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 Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]

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Liven Reaves
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MessageSujet: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Sam 18 Juil 2009 - 13:39

Le journal traversa la pièce dans un admirable vol plané avant de faire soudainement rencontre avec le mur et de se laisser lamentablement glisser jusqu'au sol où il étala ses pages passablement froissées. Afin de s'assurer que l'amas indistinct de papier ne renouvelle pas de sitôt toute tentative visant à se représenter sous ses yeux, le jeune homme qui lui avait permis d'expérimenter la magie du mouvement aérien le fusilla littéralement d'un regard assassin. La genette qui avait suivit l'action avec juste ce qu'il faut de réserve pour ne pas être confondue avec le mur qui avait servi de réception, observa son humain avec une curiosité contenue et un silence prudent. S'intéressant à la victime de sa mauvaise humeur, elle se demanda ce qu'il avait bien pu lire dans ce ramassis d'absurdités mais lui demander revenant à se jeter dans une étude comparative entre le drame auquel elle venait d'assister et sa transformation assurée en descente de lit, elle jugea avec sagesse qu'elle n'avait rien à gagner mis à part le succès d'une tentative de suicide que nous pourrions qualifier de...brutale. Elle s'approcha donc à pas de velours du déchet mille fois abhorré avec toute la prudence que requiert ce genre de situations pour le moins tendues. Parvenue à l'objet du courroux de son humain, elle commença sa lecture.

« ...Nous vous l'annoncions en exclusivité la semaine dernière, après avoir fait l'objet d'une enquête d'un comité spécial quand à l'utilisation de la magie noire, Liven Reaves avait abandonné son poste de Chef des Chasseurs de Primes. Aujourd'hui, nous sommes en mesure de vous révéler qu'avec l'appuie de ses relations et de sa fortune pourtant sérieusement amoindries, l'homme le plus controversé de Gamaëlia vient d'être nommé professeur à l'Académie. On est en droit de s'interroger sur la sécurité de l'élite de notre jeunesse lorsque l'on sait que Liven Reaves avait plusieurs fois menacé de mort notre célèbre reporter : Mikael Rogers. Quelles seront les réactions des parents de nos chères petites tête blonde en apprenant qu'un magas affilié à la magie noire enseignera à leurs enfants dès la rentrée prochaine ? »

Le carnassier mit tout son acharnement à déchiqueter méticuleusement et consciencieusement chaque centimètre carré du torchon innommable qu'elle tenait entre ses pattes avant d'estimer qu'elle venait de remplir avec brio son devoir de familier en contemplant les confettis résultant de son saccage. Satisfaite, elle se mit en quête de son humain dans le grand appartement qu'ils occupaient et qu'ils allaient bientôt quitter comme en témoignait l'étalage de carton proprement rangés contre les murs, conférant aux pièces une impression minimaliste et impersonnelle. Mis à part le lynchage médiatique dont était victime Liven depuis près d'un mois, rien n'aurait pu altérer la bonne humeur du familier lorsqu'elle avait appris qu'ils retournaient à l'Académie. Les souvenirs qui enveloppaient ce lieu lui conféraient presque une dimension sacrée ; ils avaient l'impression d'un retour aux sources. Sabbat finit par dénicher sa moitié dans la cuisine où il achevait de se servir un café avec ces gestes mécaniques et contrôlés qui ne laissaient transparaître qu'un grand calme et que la genette connaissait comme étant les signes infaillibles d'une colère noire mais contrôlée. En prenant grand soin de ne pas appliquer cette remarque à elle-même, Sabbat s'amusa de voir à quel point il pouvait rester susceptible et puéril par moment. Elle sauta avec agilité sur le plan de travail à ses côtés en l'observant avec des yeux inquisiteurs qui arrêtèrent Liven dans son geste.

- Qu'est ce qu'il y a ?

- Tu sais que le café est un excitant ?

- Je ne vois pas où tu veux en venir.

- Mais bien sûr...

Par provocation ou pour ne pas perdre la face, il acheva sa tasse rapidement et saisit la veste de son costume avant de l'enfiler. Sabbat devait reconnaître qu'il avait tout de même plus d'allure dans un costume coupé sur mesure plutôt qu'en jean et tee-shirt passablement délavés. Néanmoins, ce simple geste piqua sa curiosité au vif. Depuis les récents évènements, Liven n'avait quitté l'appartement qu'en de rares occasions, allant même jusqu'à éviter ses amis pour ne pas les compromettre dans un quelconque scandale. Dans ces conditions, elle s'étonnait de le voir sur le point de partir.

- On va quelque part ?

Elle escalada ses vêtements et se percha sur son épaule à sa place habituelle. Pour toute réponse à son familier, il afficha l'esquisse d'un sourire en gardant le silence ce qui évidemment conféra immédiatement au dit familier des pulsions meurtrières qu'il eut grand mal à contenir.

- J'en ai plus qu'assez de tourner en rond comme un animal en cage.

Sabbat lui jeta un regard soupçonneux à la dérobée. Outre que la métaphore était d'un goût douteux quand on savait dans quel état il se trouvait lorsqu'il utilisait la magie noire, elle savait pertinemment que sa façon de réagir actuellement n'était pas celle qu'il aurait adopter s'il désirait véritablement combattre ceux qui le traînait dans la boue. Il y avait une raison pour laquelle il laissait les choses se faire et même si pour l'instant cette raison lui échappait, Sabbat comptait bien lui tirer les vers du nez tôt ou tard. Quoi qu'il ait derrière la tête, cela devait être important pour qu'il accepte de subir tout cela.

- Et puis Arya m'avait demandé un coup de main pour son entraînement.

- Elle sait que tu meurs d'envie de te défouler ?

- Je crois qu'elle s'en doute. Mais tu la connais... dès qu'elle a une idée en tête, impossible de l'en déloger.

- J'en connais un autre dans ce goût-là.

Liven s'arrêta devant le miroir du salon pour remettre correctement le col de sa chemise sans relever la provocation gentillette de son familier.

- Ils ne se sont toujours pas assombris.

- De quoi tu parles ?

- De tes yeux.

Prononcée d'une voix plus timide, les dernières phrases de Sabbat interpela le jeune homme qui contempla son reflet. Ses yeux... bleus, clairs, glacials, hypnotisants, dangereux... Les mêmes que ceux qu'avaient Sorel, le magas qui lui avait enseigné la magie noire. A sa première véritable utilisation de cette magie interdite, ils étaient revenus à la normal peu de temps après mais depuis son combat contre Alia, ils avaient gardé leur coloration si particulière. Comme une marque indélébile, un rappel quotidien de ce qu'il avait fait et enduré durant plus d'un an. Liven se détourna avec ce masque neutre qu'il affichait lorsqu'il était préoccupé.

- Ce n'est rien. Tu finiras par t'y faire.

Il descendit rapidement les escaliers de l'immeuble dans lequel il habitait encore avant de parvenir dans le hall et de guetter la porte d'entrée. Sabbat n'eut aucun besoin de lui confirmer la présence des journalistes dont elle sentait les odeurs lorsqu'il poussa le battant de la porte pour parvenir sur le trottoir. Il était à peine sorti qu'il fut assailli par ces sales fouineurs de journalistes tout en remarquant qu'ils se faisaient de moins en moins nombreux et que par bonheur cette pourriture de Rogers ne figurait pas parmi eux. Comme il fallait s'en douter, ils voulaient évidemment recueillir ses réactions sur l'article du Gamazine parût dans la matinée. Celui qui avait fini en petit morceau par les bons soins de Sabbat.

- Monsieur Reaves, un commentaire ?

Liven finit par arrêter sa marche malgré l'injonction mentale de Sabbat de les ignorer. Affichant un visage chargé de mépris et capturant le regard avide de l'homme qui lui faisait face dans l'étrange clarté du sien, il se permit le petit plaisir de leur faire une réponse d'une voix posée et charmante qui laissait parfaitement entrevoir à quel point il pouvait se moquer de leur manège.

- Savez-vous quel est actuellement le seul pouvoir que les Gamaëliens devraient craindre ? Il ne s'agit pas de celui de quelconque créatures maléfiques, de politiciens ou de magas ambitieux mais bien de celui des journalistes qui est infiniment plus puissant et plus lâche que celui qui a permis à ce pays de retrouver sa liberté. Maintenant excusez-moi, mais je ne dispose pas de temps supplémentaire à gaspiller en votre compagnie.

Reprenant sa route d'un pas plus vif afin de leur fausser compagnie le plus rapidement possible, il dut subir les plaintes de Sabbat tout le temps qu'il mit à les semer dans les rues de la capitale avant de prendre le chemin de son rendez-vous avec la Magassionnelle.

**Es-tu stupide ou tu le fait exprès ?**

**Répète la question. Je me disais justement que je devais changer le tapis de bain dans l'appartement.**

**Tu espères qu'ils vont te laisser tranquille après ça ? Si tu ne leur dit rien ils vont se lasser mais si tu réponds à leurs attaques tu ne fais que rentrer dans leur petit jeu malsain.**

**Je sais que tu as raison mais, qu'est ce que ça soulage par moment ! De plus, je remarque que tu commences à devenir un peu rabat joie... J'ai déjà Arya pour ça tu sais ?**

**Eh bien justement ! Ca fait trop longtemps que tu ne l'as pas vu, il est temps que quelqu'un te pose des limites !**

**Mais oui bien sûr...**

Sabbat abandonna la partie en bougonnant, n'acceptant de l'accompagner que pour le plaisir de retrouver Tynadore. Ils parvinrent enfin aux prairies des grands plateaux. L'endroit était suffisamment éloigné de Sannom pour ne pas attiré l'attention et suffisamment vaste pour leur laisser tout le loisir d'exploiter au mieux leurs capacités magiques. Liven constata qu'il était un peu en avance et se dirigea vers le tronc d'arbre qu'il avait donné comme repère à Arya pour leur rendez-vous.

- Tu vas vraiment la combattre sérieusement ?

- Tout dépendra de ce dont elle est capable. La dernière fois que je l'ai vu combattre c'était à la Jumble juste à notre sortie de l'Académie.

- Et ça se dit être son meilleur ami...

Le jeune homme rit de bon cœur devant la mauvaise humeur de son familier qui partit faire une exploration rapide des environs. De son côté, Liven se préparait pour le combat à venir. Il enleva sa veste, remonta les manches de sa chemise blanche jusqu'aux coudes et hésita avant de se délester de son colt. Autant tâcher de rester aussi fairplay que possible.

**Comme si elle allait avaler ça de ta part.**

**Tu as fait un commentaire chère descente de lit ?**

**La descente de lit t'annonce que la Cheftaine des Magassionnels va apparaître d'une seconde à l'autre au sommet de la pente.**

Liven se tourna dans la direction indiquée au moment où la silhouette bien connue de son amie se détachait sur le ciel limpide de cette après-midi de printemps.



[hj : Gomen nasai Arya-chan...T_T]



AGAIN
« Non desistas, non exieris »





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Dernière édition par Liven Reaves le Jeu 12 Aoû 2010 - 12:40, édité 1 fois
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Arya Evans
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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Mar 21 Juil 2009 - 21:38

¤ Il s'est encore craqué... ¤

Tynador piqua un sprint pour rattraper Arya, après s'être arrêté pour lire la une des magazines à scandales devant un kiosque. Ca le sidérait que les magazines arrivent toujours à faire leur choux gras de l'histoire des vampires. Ils auraient dû passer à autre chose depuis un bout de temps déjà... Et tous ne parlaient que d'une seule et même personne. Qui ne semblait pas faire grand-chose pour éviter ça, d'ailleurs. Il y avait sans doute une raison derrière cette façon de toujours répondre aux journalistes, autre que l'exaspération ou l'amusement. Le Liven qu'elle connaissait était assez intelligent pour savoir quand il devait s'arrêter, et ce point était déjà passé. Il y avait donc des choses à mettre au clair.

¤ Essaie juste de pas le fâcher avant le cours... Il pourrait changer d'avis. ¤

¤ Je préfère qu'il change d'avis et qu'il arrête de répondre aux journalistes... ¤

¤ Ou bien, il peut s'énerver et donner le cours tout en étant énervé... Je pense que ce n'est pas ce que tu préférerais. ¤

¤ Hum, c'est pas faux. ¤

Arya sentit son familier sourire intérieurement d'avoir eu raison, et la dépassa pour "reconnaître le chemin". Un chemin qu'elle faisait assez souvent, pour sortir de la ville et aller se promener dans les alentours. Celui qui allait vers l'académie partait également de là, et elle ressentit une pointe de nostalgie au souvenir du jour où elle était arrivée. Et de celui où elle en était partie... Dire que Liven y revenait ! De l'autre côté du bureau, cependant. Elle était curieuse de voir ce que ça donnerait, mais ne pouvait pas se permettre de retourner prendre des cours, soient-ils de combat. D'une, elle avait largement dépassé le niveau d'académicien (du moins en matière de magie) et ça ne lui apporterait rien. De deux... elle avait le prof pour des cours particuliers. Donc, aucun intérêt de retourner à l'académie.

Elle sortit de ses pensées pour éviter deux hommes qui marchaient en sens inverse mais, alors qu'elle se décalait, les deux individus se décalèrent aussi pour venir vers elle. Immédiatement alerte, elle s'arrêta et les étudia. Un appareil photo professionnel accroché autour du cou de l'un des deux la fit grogner de mécontentement. Elle n'avait pas, mais alors vraiment pas, la tête à répondre aux insanités des journalistes. Elle espérait que son air peu avenant les convaincrait de passer leur chemin, mais non.


Mademoiselle Arya Evans ?

Un instant, elle fut tentée de répondre "non". Mais le journaliste n'attendit malheureusement pas la réponse.

Nous aimerions vous poser quelques questions...

* Et moi j'ai pas envie de vous répondre. *

¤ Reste aimable ! ¤

Oui ?

Vous voyez toujours monsieur Liven Reaves ? Que pensez-vous de son changement de poste ? Des commentaires sur ce que le Gamazine a écrit récemment sur lui ?

Arya croisa les bras et les toisa en silence, sans ouvrir la bouche. C'était une technique assez efficace la plupart du temps, surtout quand Tynador jouait les impatients à côté. Comme aujourd'hui. Néanmoins, le reporter ne sembla pas s'en préoccuper et enchaina :

Tout le monde sait qu'il a utilisé la magie noire pour vaincre Alia... Qu'en pensez-vous ? En tant qu'amie et en tant que chef des Magassionnels ? En avez-vous également usé ?

Silence.

Vous devez au moins répondre en tant que chef des Magassionnels, mademoiselle Evans...

Sans se départir de son air un brin supérieur, mécontent et parfaitement horripilant, elle répondit :

La magie noire, bien maîtrisée, peut être une source de pouvoir très utile. Je vous rappelle à titre d'information que les plus illustres magas de la Grande Guerre Gamaëlienne en ont également usée... Ce n'est pas parce qu'elle est enseignée seulement à Sombréa que c'est un mal. Il faut seulement disposer d'un mental en acier pour ne pas se laisser emporter. En cela, je pense que tout le monde devrait admirer l'homme qui a sauvé Sannom au péril de sa santé mentale. De plus, même s'il s'était fait emporté par la magie noire, personne ne l'aurait vu, il serait donc beaucoup plus intelligent que tous les Gamaëliens. Et dans ce cas, je vous souhaite bon courage pour l'arrêter. Bonne journée.

Prenant soin de griller la mémoire de l'appareil photo du journaliste en ce qui la concernait, elle les gratifia d'un dernier regard noir et les contourna pour rejoindre son rendez-vous. L'air de rien, elle était assez fière de son speech, et avait pu se soulager un tant soit peu de la rancune qu'elle avait accumulé contre les journalistes au cours des derniers jours. Ca faisait du bien !

Tynador partit soudain à toute vitesse vers la gauche, fauchant l'herbe qui s'aplatissait sur son passage. Il semblait avoir trouvé Sabbat... Arya leva la tête vers le haut de la colline qu'elle gravissait, un pull attaché autour des hanches. Elle avait prévu une tenue passe-partout qui ne risquait rien. Après tout, elle ne savait pas très bien ce qu'ils allaient faire exactement, et préférait ne pas prendre de risque. La météo avait prévu du mauvais temps... Et s'était trompée. Le ciel était au contraire d'un bleu clair uniforme, et s'il pleuvait, ce ne serait pas avant la fin de la semaine. En soupirant, elle finit son ascension et aperçut Liven un peu plus loin. Elle le rejoignit rapidement, le salua en souriant. Ses yeux tombèrent sur le colt posé à côté de la veste de son ami. Elle fronça les sourcils : il s'en était muni ? A croire que cette arme ne le quittait plus.

Un mélange de fourrure rousse et brune passa brusquement entre eux, pour finir de bouler plus loin dans la plaine. Arya leva un sourcil devant la scène de... ménage, n'ayons pas peur des mots, qui commença sous les yeux ébahis de leurs deux humains. La Magassionnelle ne put se retenir d'éclater de rire, la surprise passée, et réussit à articuler entre deux respirations :


Je crois que ça faisait trop longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus !


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Mer 22 Juil 2009 - 14:43

D'abord, procédé avec méthode et discrétion. Entièrement camoufflée par les hautes herbes dans lesquelles elle avançait à l'affut et parfaitement invisible, Sabbat ne lâchait pas sa cible des yeux. Une cible plutôt prétentieuse pour une genette puisqu'elle se trouvait être un lynx mâle adulte en pleine forme et naturellement remuant. Cependant, elle ne pouvait pas décemment accueillir son ami en se contentant d'un salut pour le moins tristement banal. Non, elle voulait tester les capacités du lynx encore et toujours afin de juger de la soit-disante supériorité féline sur les genettes. Raison pour laquelle elle convergeait dans sa direction dans une attitude de chasseuse maintes fois éprouvées avec la très ferme intention de lui sauter dessus toutes griffes dehors. Son plan était sans faille. Elle ne se trouvait plus qu'à 4 mètres alors que l'humaine et son familier se rapprochaient en toute innocence. Encore un peu et... Subitement, le vent tourna et changea de direction. C'était balot... la mouche dans le lait, le détail assassin. Impossible d'espérer que Tynador n'avait pas senti son odeur. Dès lors, tout se passa très vite. La genette détalla à toute vitesse pour se réfugier en hauteur dans les arbres tandis que le félin était sur ses talons, si tant est qu'elle eut un talon... Elle parvint à lui échapper de justesse en montant sur une branche certe basse mais incapable de supporter le poid d'un lynx. C'était une situation parfaite pour narguer le lourdeau avec toute la classe et la distinction dont était capable Sabbat.

- J'ai toujours dit que tu avais besoin d'un sérieux régime. On dirait que tu te laisses aller sans moi l'manteau d'fourrure.

Elle lui lança un regard grandement éloquent avant d'être saisie d'un doute effrayant. Il n'oserait tout de même pas ? Si on y réfléchissait, le meilleur moyen d'attraper la genette était encore de casser la branche, mais tout de même... Sabbat réagit donc dès la première secousse qu'elle ressentit et qui signifiait certainement l'ascension imminente du manteau de fourrure en question. Inutile de préciser qu'elle aurait considéré comme particulièrement humiliante l'idée que son refuge devienne un piège. Elle prit donc le risque de sauter et de plonger vers le sol malgré la hauteur qui n'était pas sans risque pour elle et sprita sans se retourner. Elle devait reconnaître que seule la fuite pouvait la sortir de cette situation. C'est ainsi que les deux familiers se retrouvèrent à passer en trombe entre les deux humains sans leur prêter la moindre attention. Par malheur, les genettes sont moins rapides que les lynx et elles ne sont pas taillées pour la course. C'est pourquoi lorsqu'elle commença à ralentir, Sabbat maudit dame nature pour l'avoir faite si courte sur pattes puisqu'elle se sentit bientôt soulevée dans la gueule de celui qu'elle avait qualifié de lourdeau. Résignée, elle attendit qu'il l'a repose avant de subir son autoproclamation de formidable félin en silence. Evidemment, elle avait pris grand soin de couper toute liaison mentale avec Liven et celui-ci les observa de loin un sourcil levé et visiblement pas inquiet le moins du monde quant au sort de son familier.

Il faut dire que depuis que ces deux-là ce connaissaient, ils s'entendaient comme larons en foire et n'en finissaient plus de se lancer défis sur défis ou de chahuter à n'en plus finir. Il était amusant de constater que si les deux humains étaient d'une nature plutôt dalaviriennes, les deux familiers étaient immanquablement nashaoviens. Bref, irrécupérables... Assistants en spectateurs habitués mais amusés à leur traditionnelles joutes, Arya et Liven posèrent sur eux un regard proprement ébaubi avant qu'Arya n'éclate de rire. Un sourire franc et amusé naquit quant à lui sur les lèvres de Liven alors même qu'il observait son amie. Il était profondément heureux de la retrouver, elle lui avait manqué ses dernières semaines et pour être honnête, il trouvait même cette scène autrefois si banales tout à fait merveilleuse après ce qu'ils avaient vécu...

Je crois que ça faisait trop longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus !

- En effet... Mais ils ne sont pas les seuls, ça m'a manqué aussi de ne plus te voir.

Il étreignit brièvement la jeune femme comme le font tous les amis qui sont demeurés séparés qui se retrouvent. Geste inimaginable du temps où ils étaient à l'Académie et que Liven était particulièrement associable. Comme quoi Sabbat gagnait jour après jour de petites victoires sur ce terrain-là ! ! ! Néanmoins, le moment ne se prêtait pas réellement aux réjouissances des retrouvailles. Même si Arya était sa meilleure amie et lui avait toujours montré un soutient indéfectible, il ne se serait jamais pardonné que la presse s'attaque à la jeune femme comme elle le faisait avec lui. Mieux vallait garder quelques distances pour l'instant, surtout qu'elle ne connaissait pas tout le fin fond de l'histoire, qu'elle ignorait ce qu'il avait exactement vécu et ce qu'il projetait...

- Alors ? Tu es prête à prendre une leçon ?

Il la couvra d'un regard impitoyablement arrogant qui ne pouvait que donner envie de l'étrangler. Certes, il n'était pas tout à fait dans le faux mais de là à se montrer si insupportable... Il faut dire qu'embêter Arya constituait l'un de ses passes temps favori.

- On pourra commencer dès que ces deux-là ce seront calmés et tu me diras ce que tu veux travailler exactement.

S'il avait déjà une idée des lacunes qu'elle pensait avoir, il n'en serait que plus facile de lui apporter son aide.



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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Ven 24 Juil 2009 - 16:39

- J'ai toujours dit que tu avais besoin d'un sérieux régime. On dirait que tu te laisses aller sans moi l'manteau d'fourrure.

Tynador regarda Sabbat là-haut sur sa branche, ne répondit pas - ce qui était suffisamment inquiétant en soi pour que la genette dût se douter de quelque chose - et s'assit. Enfin, presque. En fait, il s'était ramassé sur ses postérieurs, pour... eh oui, sauter. Sur la branche de Sabbat. Qui n'attendit pas de voir le lynx se jeter sur elle pour sauter en manquant de se rompre le cou et partir tel un bolide vers les humains. Le lynx n'en attendait pas moins de sa proie et sauta à son tour - plus ou moins - élégamment de la branche qui cassait sous son poids pour poursuivre l'éclair de fourrure. La genette était agile, certes. Mais lui... Héhé.

Un bruit à mi-chemin entre le ronronnement et le rugissement sortit de la gorge du lynx quand il attrapa la boule de poil dans sa gueule. N'oubliant pas de parader devant son fidèle public formé de brins d'herbes aussi divers les uns des autres, il fit le beau pendant quelques minutes avant de poser Sabbat, de l'immobiliser et de lui déblatérer son discours déjà préparé. Pour votre santé mentale et afin de ne pas choquer les éventuels Dalaviriens qui liraient ceci, nous vous ferons grâce du monopole de la parole accaparé par Tynador. A la place, un documentaire sur la magie noire.


- En effet... Mais ils ne sont pas les seuls, ça m'a manqué aussi de ne plus te voir.

Arya sourit et s'apprêtait à répondre quand Liven l'enlaça. D'abord surprise, son visage s'éclaira quand elle se rendit compte à quel point il avait changé. C'était complètement inimaginable quelques années auparavant... Mais elle-même était moins encline à ce genre de démonstration d'affection depuis l'épisode des vampires. Quelle ironie...

- Alors ? Tu es prête à prendre une leçon ?

Tu vas en prendre une aussi !

Encore ce regard qu'elle ne supportait pas... Si elle s'était écoutée, elle l'aurait volontiers étranglé d'un sort bien placé. Mais il aurait eut vite fait de le contrer. Quant à l'étrangler par des moyens plus conventionnels... Il était plus fort qu'elle. Elle était démunie. Enfin, pas totalement.

- On pourra commencer dès que ces deux-là ce seront calmés et tu me diras ce que tu veux travailler exactement.

Quand ils se seront calmés ? Tel que Tynador est parti, il en a pour une heure. Tu as beaucoup d'espoir. Mais moi, je n'ai pas besoin d'attendre qu'ils se soient calmés pour te dispenser ta leçon. Et puis, tu éviteras le sourire supérieur de Sabbat.

Elle savait parfaitement que le familier avait déjà fait la leçon à Liven, c'était dans sa nature. Mais elle n'avait pas assez de poids pour que le chasseur de prime prenne vraiment son avis en compte, ou l'affection l'empêchait d'être suffisamment persuasive. Elle-même pouvait parfaitement jouer de son statut de meilleure amie, et le jeune homme savait que s'il ne l'écoutait pas, leur amitié pouvait très mal tourner.

J'ai 3 hypothèses pour le fait que tu n'arrête pas de répondre aux innombrables journalistes qui s'agglutinent autour de toi comme des moucherons. Soit tu as une idée derrière la tête, soit tu ne peux t'empêcher de jouer les fiers, soit tu es complètement stupide. Je ne pense pas que la dernière soit la bonne, j'ai un sérieux doute sur la deuxième... Alors ?

La Magassionnelle croisa les bras et regarda Liven avec un sérieux retrouvé et une moue mécontente. C'était étonnant la façon qu'elle avait de passer d'une attitude à une autre.

En étudiant le visage de son interlocuteur, elle remarqua que ses yeux s'étaient éclaircis. Il était clairement visible – pour elle du moins – que c'était un effet secondaire de la magie. Noire, vu la trace. Elle réussit à empêcher ses sourcils de froncer, mais elle aurait d'autres questions à poser quant à son utilisation de ce type de magie…


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Sam 25 Juil 2009 - 17:44

Dès la première phrase, Liven vrilla son regard au sien et ne l'en détacha plus. Un regard devenu aussi froid et distant que possible, qui sondait celui de la jeune femme comme si son intensité seule aurait pu la dissuader de s'aventurer sur cette voie. Seule une calme impassibilité transparaissait de ses traits, avènement d'une totale neutralité d'expression. N'afficher aucune émotion, se mettre hors d'atteinte, se réfugier méthodiquement sous ce masque impénétrable comme un rempart servant à se protéger. Un réflexe instinctif, un gage de ne jamais trahir la moindre de ses pensées, une façon de se rendre hermétique à la moindre faiblesse que l'on chercherait à exploiter. En cet instant, il ressemblait pratiquement trait pour trait au jeune adolescent froid et renfermé qui était entré à l'Académie il y avait de cela près de neuf ans. Neuf années aux termes desquelles elle était devenue certainement la seule personne à le connaître aussi bien. Neuf années néanmoins, qui n'étaient pas suffisantes pour qu'elle franchisse la barrière qu'il érigeait à présent, pour qu'elle lise en lui les réponses qu'elle réclamait et qu'il ne pouvait pas lui donner. A l'inverse, il était aisé de saisir l'obstination et l'agacement de son amie qui attendait avec une patience relative qu'il se justifie, qu'il rende les armes. Cette entêtée ignorait juste qu'elle lui demandait-là quelque chose d'impossible...

Bien sûr, il l'avait prévu. Il était tout simplement impensable que son comportement ne mette pas tôt ou tard la puce à l'oreille de la jeune femme. Elle savait bien que ce n'était pas sa manière de réagir, que cette petite comédie avait un autre but. Dans un sens, il n'en avait pas attendu moins d'elle. Arya devait certainement être la seule à l'avoir compris. Mais dans un autre, il aurait voulu être encore suffisamment naïf pour espérer que sa vivacité d'esprit ne le mette pas si tôt face à ce choix difficile. Même si le moment de trancher ce dilemme que se partageaient l'avenir à l'amitié n'était pas encore venu, il ne pouvait pas ignorer désormais qu'il ne tarderait plus. Alors... Alors que répondre à ce regard inquisiteur auquel il se refusait de mentir ? Alors que dire pour délier ces bras fermement croisés dans une attitude hostile ? Alors que faire pour juguler sa curiosité toujours croissante ? Liven la connaissait bien lui-aussi. Elle n'abandonnerait pas si facilement et surtout, elle ne lui pardonnerait pas de la tenir à l'écart. A quel prix exactement estimait-il être capable de garder ses secrets ? Il détourna ses yeux d'un bleu toujours aussi clairs et brillants. Peut être cherchait-il à fuir l'espace de quelques secondes l'inextricable complexité de cette délicate et désagréable situation. A la vérité, il s'était déjà résolu à une solution : moins elle en saurait, mieux cela vaudrait.

Les secondes s'égrenèrent en laissant penser qu'il hésitait, qu'il cherchait ses mots, bien que ces deux attitudes ne lui ressemblent guère. Puis le silence persista sans qu'il ne jugeât utile de venir le rompre. Alors ? Alors rien... Ce silence c'était un refuge qui l'empêchait d'aller contre sa résolution de la maintenir loin de tout ça et qui le préservait d'un mensonge qu'il regretterait. Liven savait qu'elle le relancerait, qu'elle chercherait à savoir d'autant plus que sa curiosité n'en serait que davantage exacerbée par son refus de lui répondre. Cependant, il était plus prudent et plus intelligent de ne pas ce compromettre à ce stade. Dans le pire des cas, elle lui donnerait d'elle-même des éléments sur lesquels il pourrait rebondir pour ne lui avouer que des demi-vérités. Dans le meilleur, elle orienterait la discussion sur un sujet afférent mais moins sensible. L'espace d'un court instant, un sourire triste pris naissance sur ses lèvres avant de disparaître aussitôt. Alors ? Alors rien...juste l'amertume d'une petite trahison qui lui était d'autant plus douloureuse qu'il était le seul à en avoir conscience.

Un peu plus loin, la genette avait achevé d'enguirlander l'autre familier en représailles de sa fierté proprement massacrée quelques minutes plus tôt. Brusquement, elle redevint sérieuse et releva subitement la tête dans la direction de son humain. Il lui avait semblé, l'espace d'une seconde, qu'une connexion involontaire s'était produite. Cela avait été trop fugace pour qu'elle saisisse exactement la nature de l'émotion qu'elle avait ressenti mais il semblait...que Liven en était véritablement affecté. Abandonnant son compagnon de jeu, elle-même la mine soucieuse, elle gambada jusqu'aux deux jeunes adultes et l'observa attentivement. Elle connaissait depuis trop longtemps ce visage... Quoiqu'il essayât de cacher cette fois-ci, Liven semblait avoir du mal à se tirer d'affaire. A moins qu'il ne souhaite pas réellement se tirer d'affaire ? C'est ce qu'elle était amenée à croire en détaillant la jeune femme et elle prit soudainement conscience du silence qui s'était installé. Interloquée, ses yeux vagabondèrent de l'un à l'autre avant qu'elle n'en tire la seule conclusion possible : à elle, il ne pouvait pas mentir. Le familier s'approcha des jambes de Liven et s'assit contre ses dernières dans l'expectative mais en sentant bien que quelque chose n'allait pas. Sabbat chercha le lynx du regard en espérant que ses réactions pourraient l'éclairer sur ce que pensait Arya mais elle n'eut pas le loisir de les assimiler puisque l'humaine ne tarda pas à reprendre la parole.



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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Mar 28 Juil 2009 - 23:17

Silence.

Le visage de Liven s'était fermé dès la première phrase prononcée, et ce n'était pas bon signe. Pendant quelques instants, Arya cru être revenue neuf ans en arrière, et croiser le Dalavirien dans les couloirs de l'académie sans oser lui parler pour rompre cette barrière glacée qui les séparait. Mais elle-même n'était plus la timide Amaësienne de l'époque, surtout avec Liven. Elle avait appris à le connaître, le respecter, l'admirer pour ce qu'il était et ce qu'il faisait. Elle avait aussi appris à le contrer, ses faiblesses et ses forces. Et maintenant elle devinait, d'après son expression, qu'il ne dirait rien.

Silence.

Le temps passait, lentement, à peine troublé par le léger vent qui soufflait. Elle patientait - s'impatientait, espérait, s'énervait. Pas un mot, un changement d'expression qui aurait pu la renseigner. Et pourtant, elle n'avait strictement pas l'ombre d'une idée sur la raison qui le poussait à répondre ainsi aux journalistes. De son point de vue, c'était un comportement stupide, qui n'apportait rien. Pourquoi ne voulait-il rien dire ?

Silence.

La magassionnelle se pétrifia quand l'idée la traversa. L'idée qu'il ne voulait pas lui dire ce qu'il avait en tête, parce que c'était dangereux. Grave. Très important. Sérieux. Elle le regarda, interloquée, et le regard détourné de Liven lui confirma ce qu'elle craignait. Elle avait vu juste. Incompréhension - elle fronça les sourcils. Curiosité - qu'est-ce que ce pouvait bien être, pour qu'il ne veuille rien lui dire ? Colère - ne l'estimait-elle pas assez, n'avait-elle pas le droit de savoir ? Tristesse - non.

Silence.

Le visage de la jeune femme adopta une attitude neutre. La seule fois où elle pouvait contrôler les émotions que laissait passer son visage ! Il fallait que ce soit dans des cas comme ça, pour ne pas exploser. Il ne voulait rien lui dire ? D'accord. Mais il ne fallait pas compter sur elle pour être sympathique, ne faire comme si de rien n'était. Elle était vexée, lui en voulait. Et elle ne lui pardonnerait pas tant qu'elle n'aurait pas de réponse, et encore ! Elle ne supportait pas d'être mise à l'écart - même pour les meilleures raisons du monde ! - surtout lorsqu'il avait cette expression. Elle avait le sentiment - peut-être faux - que cela ne la concernait pas. Dans ce cas, il fallait le dire !

Silence.

Toujours ce silence, pesant.

Elle baissa la tête vers Tynador qui s'était rapproché d'elle tandis que Sabbat allait vers Liven. Il regardait ce dernier, passif. Il ne savait pas quoi penser et préférait ne pas s'en mêler.


Je ne connais que les bases sur la magie noire, et j'en ai vu quelques démonstrations à Sombréa. Sinon, je suis parfaitement novice.

Elle releva la tête vers Liven, lointaine mais les yeux perçants, plus triste du manque de confiance qu'elle ressentait (d'après son expression : il croyait qu'elle ne se doutait de rien ?) que vexée. Elle lui en voulait. Il avait peut-être d'excellentes raisons de ne rien lui dire - quoiqu'elle en doutât : il suffisant de le dire, d'inventer autre chose si ces raisons étaient si excellentes - mais elle lui en voulait.


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Lun 3 Aoû 2009 - 18:26

Si son mutisme fut d'abord salvateur, il ne tarda pas à se prélasser dans les limbes de la traitrise avant de se retourner contre lui pour mieux lui faire souffrir le martyre. La tension qui s'était installée entre les deux jeunes gens était plus que palpable, elle se lisait dans leur raideur, leur regard fixe, l'air qu'ils expiraient et qui se chargeait chaque seconde davantage de leur frustration réciproque et pourtant aux natures si différentes. L'atmosphère devint bientôt oppressante et Liven ne put s'empêcher de se sentir terriblement mal à l'aise. Cette situation était totalement inédite entre les deux amis. Il était accoutumé à leurs caractères difficiles et aux disputes qui en découlaient. Il avait l'habitude des petites piques pas tout à fait inoccentes. Il était commun que leurs opinions divergent. Cependant, le jeune homme aurait préféré la pire des disputes à cette tension contenue qui ne cessait de croître entre eux deux. En d'autres circonstances, peut être qu'il se serait ravisé, qu'il aurait cherché une porte de sortie plus risquée mais plus satisfaisante. En d'autres circonstances... Il se cramponna à cette pensée, se confortant dans sa décision, se rassurant vis à vis de ses objectifs. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il était prêt à faire un sacrifice pour parvenir à ses fins. Mais à terme, celui-ci lui demanderait plus que tous les autres...

- Je ne connais que les bases sur la magie noire, et j'en ai vu quelques démonstrations à Sombréa. Sinon, je suis parfaitement novice.


Il se redressa d'un mouvement sec parfaitement involontaire. Fissure... fissure dans sa neutralité parfaite qui s'effritait à mesure que les paroles de son amie prenait un sens. Morcellement... morcellement qui révèlait peu à peu ses émotions autrefois si bien cachées. Eclatement... éclatement des vestiges de son impassibilité. Son visage était devenu limpide et ce qu'on pouvait y lire aurait pourtant suffit à glacer quiconque le connaissait d'effroi. Avant tout, il y avait de la peur. Une peur véritable et non la simple inquiétude qu'il affichait parfois. Mais une peur insidieuse, pas encore dominée et qui sommeille en attendant son heure. Une peur qui ne ressemble en rien à la terreur et qui se contente d'être choquante par sa simple présence dans ce regard soudainement légèrement écarquillé, dans ce souffle à peine accéléré, dans ce léger tassement des épaules. Puis, il y avait la surprise qu'exprimaient ces lèvres à peine entrouvertes. Une surprise aussi franche que totale et qui en paraissait presque indignée. Une surprise qui était la preuve absolue et irréfutable qu'il ne s'attendait pas à cette déclaration. Enfin, il y avait l'indignation. Mêlée à une incompréhension qui allait grandissante, elle fronça ses sourcils imperceptiblement, se partageant continuellement à la peur qui dominait sur le visage du jeune homme.

La magie noire... Elle voulait qu'il lui enseigne la magie noire ? ! Les souvenirs l'assaillirent brutalement, ne lui épargnant rien. Cette apprentissage qu'il avait lui-même mené auprès de Sorel, avait-elle seulement la moindre idée de ce dont il s'agissait ? De ce qu'il fallait être prêt à endurer et surtout à faire endurer ? Non, bien sûr. Elle ne lui demanderait jamais ça si elle en avait la plus petite idée. Elle n'accepterait jamais ce qu'il avait accepté dans l'état d'impuissance où il s'était trouvé juste après l'invasion. De toute façon, la question ne se posait même pas. Lui-même n'accepterait jamais de l'initier à cette magie occulte et interdite. Il ne connaissait que trop bien le prix qu'il en coûtait. Un éclair de colère le parcourut lorsqu'il songea qu'il était exactement comme elle lorsque Sorel l'avait approché. Il avait du se régaler de sa méconnaissance, il avait du savourer avec avidité les souffrances qu'il lui avait infligé avec d'autant plus de plaisir qu'il savait pertinnemment que ce n'était qu'un avant-goût de ce qu'il allait connaître par la suite. Comment voulait-elle qu'il se permette de lui faire subir cela à son tour ?

- Non !

Sa voix ne s'était ni montrée plus forte, ni plus faible, pourtant elle n'avait jamais semblé si chargée d'émotion, comme si tout ce qu'il avait vécu et contre quoi il voulait la prémunir se trouvait réuni dans ce simple mot. Sabbat sursauta et mit quelques secondes à déméler l'enchevêtrement chaotique des pensées de Liven. Si les paroles d'Arya l'avait elle-même choquée, elle réalisait que ce n'était qu'un dixième de ce que ressentait son humain. Il entreprit néanmoins de reprendre son calme et y parvint plus ou moins après deux ou trois respirations.

- Novice...

Il prononça ce mot avec mépris et néanmoins comme s'il évoquait quelque chose à sa mémoire. C'était ainsi que Sorel l'avait qualifier lors de son premier entraînement.

- En effet, tu es novice. Tu n'as aucune idée de ce qu'est la magie noire.

Il marqua une pause durant laquelle il sonda le regard de la jeune femme sans pour autant avoir prit soin de recomposer son masque impénétrable. En cet instant, il devait être un véritable livre ouvert, mais cela l'indifférait. Au contraire, il voulait qu'elle voit dans quel état le mettait l'évocation de la magie qui l'avait corrompu à ses propres valeurs.

- Tu t'imagines peut être que c'est une autre forme de magie... plus complexe, plus difficile à maîtriser, plus irrégulière et sans aucun doute plus dangereuse. En cela, tu n'as pas tord.

Il ferma les yeux en tentant de retenir les images qui lui revenaient en tête, les meutres, le sang, les tortures, les mots de Sorel, la satisfaction, l'horreur et la démence...

- Tu ignores juste à quel point elle est dangereuse et surtout pour qui. Elle ne se contente pas d'être une formidable force destructrice. Elle te détruit de l'intérieur... Elle...

Sa voix avait décru, elle finit par s'éteindre tout à fait. Liven serra les poings et sentant un long frisson lui parcourir l'échine. Ce ne fut que lorsqu'il fut passé qu'il fut capable de reprendre la parole.

- Je sais l'utiliser mais je t'assure que c'est la dernière chose que je veuille faire. Quand à te l'enseigner, c'est hors de question.

Sa voix trembla sur la dernière phrase et il prit une profonde inspiration pour retrouver son calme, aidé en cela par Sabbat qui le rassurait mentalement. Il le savait depuis longtemps... S'il l'utilisait encore une fois, il n'était pas certain de revenir indemme.



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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Dim 23 Aoû 2009 - 23:28

Si Arya avait su qu’il réagirait comme ça… Elle aurait quand même posé sa question. C’était sans doute malsain, mais elle ne pouvait s’empêcher de voir comme une petite vengeance l’expression qui s’afficha sur le visage d’ordinaire si peu lisible de Liven. L’évocation de cette autre forme de magie semblait le plonger dans la peur, lui rappeler de mauvais souvenirs… Un instant, la Magassionnelle se troubla. On disait cette magie dangereuse, mais elle n’imaginait pas que ça pouvait aller jusqu’à ce point. Puis, la surprise remplaça partiellement la peur, et le trouble de la jeune fille partit. Qu’importe, elle réussirait. Elle devait se faire une opinion par elle-même, connaître mieux cette forme de magie, progresser. Gagner en puissance, montrerait qu’elle n’était pas encore arrivée à son sommet. L’invasion des vampires n’avait pas seulement chamboulé Liven…

Un nuage d’émotion traversa son interlocuteur qu’elle n’avait jamais vu comme cela auparavant, ou presque. Puis soudain, une réponse.


- Non !

C’était prévisible, après sa réaction. La voix était chargée d’émotion et l’ébranla quelques secondes, mais la teneur même de la réponse ne lui plaisait pas. Elle se renfrogna encore.

- Novice...

Mot chargé de signification, quoiqu’elle ne parvînt pas à deviner la raison pour laquelle il prononçait ainsi ce mot, ne connaissant pas la façon dont il avait appris la magie noire.

- En effet, tu es novice. Tu n'as aucune idée de ce qu'est la magie noire. Tu t'imagines peut être que c'est une autre forme de magie... plus complexe, plus difficile à maîtriser, plus irrégulière et sans aucun doute plus dangereuse. En cela, tu n'as pas tord.

Arya ne dit rien, attendant la suite. Donc, elle avait raison.

- Tu ignores juste à quel point elle est dangereuse et surtout pour qui. Elle ne se contente pas d'être une formidable force destructrice. Elle te détruit de l'intérieur... Elle...

Rien que le fait d’évoquer des souvenirs tels que l’utilisation de la magie noire semblait être pénible à Liven. Elle ravala la réplique cinglante qui venait à l’esprit, aucun sentiment de compassion ne lui venant. Elle n’avait pas encore digéré son refus précédent à cette partie de leur conversation, même si elle savait parfaitement qu’une fois la colère et l’indignation passée, elle devrait sans doute aller s’excuser. Pour le moment, elle n’en avait certainement pas l’intention.

- Je sais l'utiliser mais je t'assure que c'est la dernière chose que je veuille faire. Quand à te l'enseigner, c'est hors de question.

Bien.

Arya regarda Tynador un instant, le mettant au défi de traduire ce qu’elle pensait à cet instant précis, et se détourna pour descendre un peu de la colline et tenter de se calmer. [/color]Ce faisant, elle disparut à la vue de Liven qui pouvait imaginer qu’elle était réellement partie. En fait, c’était un de ses buts. La réaction de son ami l’avait réellement ébranlée, mais elle n’arrivait pas à réfléchir à tête reposée, et tenait absolument à vérifier d’elle-même.


De son côté, Tynador hésita à suivre son humaine ou bien à tenter de résoudre un tant soit peu la situation entre les deux humains. Il ne voulait pas qu’Arya fasse une bêtise en cherchant elle-même à apprendre la magie noire par exemple, et choisit de s’en ouvrir à Liven, bravant l’interdiction d’Arya. Il s’approcha de lui et de Sabbat.


¤ Je vais tenter d'expliquer ce qu'elle ressent actuellement et expliquer son attitude, même si elle est mieux placée que moi pour ça, quoiqu'elle-même doive avoir du mal à démêler ses pensées, chamboulée comme elle est. Mais pour le moment c'est la dernière chose qu'elle veut faire, seulement moi je n'ai pas envie qu'elle aille faire des bêtises avec la magie noire… Liven, je pense que tu es le seul qui pourrait lui enlever cette idée de la tête, ou alors combler son attente. En fait, elle a l'impression de ne plus avancer en magie, d'avoir atteint son maximum ou presque. Elle cherche autre chose, un autre moyen d'augmenter sa puissance magique. L'attaque des vampires l'a beaucoup ébranlée aussi, et elle a du mal à se remettre du sentiment d'impuissance qu'elle a ressentit déjà lors de sa première défaite, mais également lorsqu'on l'a privé de ses pouvoirs, et en ne pouvant pas intervenir dans ton combat contre Alia. De plus, tu sais combien elle s'intéresse à la culture sombréenne, et certains faits montrent que là-bas, tous n'ont pas les mêmes difficultés pour la magie noire. Je pense que ces derniers ne sont que des gens sans morale, mais bon. ¤

Il se tut un instant, conscient de ses piètres qualités d'orateurs.

¤ Je voudrais te demander soit de lui ôter cette idée de la tête – tâche que je crains malheureusement impossible – ou bien de l'en dégoûter… De lui mettre autre chose en tête pourquoi pas, ou… ¤

A court d'idée, il se tut, s'assit, regarda Liven, Arya, Liven, Arya, Liven, parut vouloir dire quelque chose, se retint, puis parla.

¤ Merci. ¤

Sur ce, il s'en alla rejoindre Arya pour tenter de la calmer.

[Hj : Moins bien que la dernière fois j'en ai peur. ]


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Dim 6 Sep 2009 - 12:49

Liven soupira avec agacement devant la réaction de la jeune femme. Peut être n'avait-il pas réussi à exprimer clairement le fond de sa pensée ? En perfectionniste invétéré soumis à une ambition impérieuse, Liven pouvait tout à fait comprendre le sentiment d'impuissance de son amie, son irrépressible besoin de se rassurer et de se relever de cette épreuve pour en ressortir plus forte. Lui-même n'avait eu que trop de mal à supporter ces sentiments. Cependant, même si c'était les mêmes qui l'avait mené à vouloir maîtriser la magie noire et qui motivaient son amie aujourd'hui, il était loin de remettre en question sa décision vis à vis d'Arya. Paradoxalement, il comprenait aussi qu'elle ne le comprenne pas. Jamais encore elle ne l'avait vu se remettre en cause, accepter ses erreurs. La peur même ne faisait autrefois pas partie des faiblesses qu'il s'autorisait alors qu'est ce qui avait changé ? Ne pouvait-elle au moins réfléchir à cette question ? Elle lui en voulait lorsqu'il lui cachait la vérité et le détestait plus encore lorsqu'il la lui disait ! C'était trop facile de juger quelque chose dont on ne savait rien. Le fait est que Liven avait reçu un enseignement de la magie noire qui l'avait mené aux limites mêmes de son propre pouvoir, de ce qu'il était capable de supporter, aussi bien physiquement que moralement. Comment pouvait-elle espérer qu'il accepte de lui faire subir la même chose ? Car derrière la cruauté et la perversion de Sorel, il entrevoyait à présent la nécessité des méthodes dont il avait user pour le former. Comment voulait-elle qu'il fut capable de lui infliger la même souffrance dont il ne pourrait certainement plus jamais se défaire ?

Un soupir de lassitude et de défaitisme mêlé lui échappa tandis qu'il revenait en quelques pas vers le tronc d'arbre où il récupéra la veste qu'il y avait abandonné dans l'intention de suivre l'exemple de sa capricieuse amie et de quitter les lieux au plus vite. Ainsi, ne pouvait-elle lui faire confiance ? Il avait du mal à y croire. Il l'avait vu le soutenir au delà de ce qu'il était en droit d'attendre d'elle lors de leur attaque contre Alia et ses sbires. Ne pouvait-elle oublier ces ambitions tendancieuses pour se satisfaire de ce qu'elle avait ? La jeune femme qu'il connaissait depuis l'école ne courrait pas après le pouvoir, elle ne suivait pas son exemple. Sa mesure n'avait d'égale que sa prudence et son intelligence dépassait des préoccupations aussi triviales. Que lui arrivait-il ? Il pouvait comprendre que l'invasion vampirique l'ait perturbé au point de la rendre avide d'être capable d'affronter d'elle-même ce genre de situation à l'avenir mais pourquoi diable refusait-elle de l'écouter quand pour une fois c'était la sagesse qui dictait ses mots ? Son comportement le dépassait totalement. Si Arya en était arrivée à ce point où les conséquences, quelles qu'elles fut l'indifféraient, alors il y avait tout lieu de penser qu'elle était capable du pire pour atteindre son objectif, avec ou sans son aide. En réalisant ceci, Liven ressenti un étrange mélange d'inquiétude et de colère. Que pouvait-elle être butée !

**Ca te va bien ! Elle ne te rappelle pas quelqu'un ?**

Dans la relation hautement compliquée qu'entretient un familier avec son humain au cours de leur vie, il y a souvent des instants comme celui-ci où le dit humain meurs d'envie d'étrangler le dit familier. A ce titre, notons que la genette est une multi-miraculée et que jamais Liven n'avait plus envie de la tuer que lorsqu'elle avait raison et qu'elle assenait cette vérité sans précaution aucune pour sa fierté. Aussitôt la comparaison lancée dans son esprit, il y réfléchit machinalement et presque malgré lui. Bien sûr, le cas qu'il venait de décrire lui collait merveilleusement bien à la peau, certes, il avait fait passer ses ambitions avant toute autre considération, évidemment, il y avait fort à parier que dans la même situation il aurait réagit exactement comme elle mais il était tout à fait disposé à se reconnaître comme un cas à part et désespéré, ce que la jeune femme n'était pas encore. En un mot, ce qu'il avait fait en son nom propre était une chose, ce qu'elle lui demandait en était une autre.

**C'est tellement plus pratique...**

**Le sarcasme te va mal... Où est passé ton soutient indéfectible ?**

**De quoi tu parles ?**

Liven aurait volontiers répondu à son familier d'une remarque bien sentie d'autant plus qu'elle le prenait définitivement pour un imbécile et que ce n'était pas vraiment le moment de se livrer à ce genre de comportement suicidaire. Cependant, Tynadore, dont il avait déjà oublié la présence évita sans avoir connaissance la peine capitale à la genette en intervenant en lieu et place de son humaine.

- Je vais tenter d'expliquer ce qu'elle ressent actuellement et expliquer son attitude, même si elle est mieux placée que moi pour ça, quoiqu'elle-même doive avoir du mal à démêler ses pensées, chamboulée comme elle est. Mais pour le moment c'est la dernière chose qu'elle veut faire, seulement moi je n'ai pas envie qu'elle aille faire des bêtises avec la magie noire… Liven, je pense que tu es le seul qui pourrait lui enlever cette idée de la tête, ou alors combler son attente. En fait, elle a l'impression de ne plus avancer en magie, d'avoir atteint son maximum ou presque. Elle cherche autre chose, un autre moyen d'augmenter sa puissance magique. L'attaque des vampires l'a beaucoup ébranlée aussi, et elle a du mal à se remettre du sentiment d'impuissance qu'elle a ressentit déjà lors de sa première défaite, mais également lorsqu'on l'a privé de ses pouvoirs, et en ne pouvant pas intervenir dans ton combat contre Alia. De plus, tu sais combien elle s'intéresse à la culture sombréenne, et certains faits montrent que là-bas, tous n'ont pas les mêmes difficultés pour la magie noire. Je pense que ces derniers ne sont que des gens sans morale, mais bon.


Il eut été inutile de la part du jeune homme de cacher sa surprise devant la confession des sentiments d'Arya. C'est sans doute la raison pour laquelle il mit une seconde de trop avant de s'inquiéter de la réaction de son propre familier. Ce fut une grave erreur.

- Je comprends tout à fait la position délicate dans laquelle tu te trouves mon cher lynx. Pourtant, je t'assure que les pensées de Liven n'en sont pas moins complexes même si pour une fois, je suis assez d'accord avec cet imbécile. La puissance qu'il a acquise avec la magie noire lui a demandé beaucoup de sacrifices, et pour me montrer tout à fait honnête, il ne pourra sans doute jamais se pardonner ce qu'il a du faire pour l'obtenir. De plus, sachant ce qu'il en coûte, il refuse de faire payer un prix si élevé à Arya tout en comprenant ses propres raisons. Si tu veux, il est partagé entre son envie de lui venir en aide et celui de la protéger de cette magie et refuse de jouer le mauvais rôle de celui qui l'amènera au stade où il se trouve actuellement. Pour l'instant, il...

- La ferme Sabbat !


La genette n'eut que le temps de voir défiler les jambes de son humain devant ses yeux avant qu'il ne dépasse les deux familiers pour partir dans la même direction qu'Arya. Son ordre l'avait comme paralysée et elle restée piteuse et tremblante devant Tynadore n'osant même pas le regarder dans les yeux de peur de trahir à nouveau son humain. Sa voix, forte, sans réplique, chargée d'une colère aussi limpide que ses iris... peut être que cette fois-ci elle avait dépassée les bornes ? Les grandes enjambées du jeune homme le rapprochèrent rapidement du talus derrière lequel la magassionnelle avait disparu. Quelle idiote elle faisait ! Ainsi donc elle n'avait rien trouvé de mieux que de chercher à agir par elle-même ? Les paroles du lynx n'avaient fait que confirmer ses propres craintes et ses impressions. Qu'adviendrait-il si elle se faisait emporter comme il avait failli de l'être ? Que se passerait-il si elle n'y était pas correctement préparé ? Comment devrait-il réagir si elle devenait hors de contrôle ? Sa fureur allait croissante à mesure qu'il réalisait la bêtise dont Arya était prête à faire preuve, emportée par ses désirs. Prenant appuie au sommet de la pente, il aperçut la silhouette qui la descendait avant de réagir de façon aussi déraisonné qu'efficace. Devant la jeune femme, le sol s'éleva, formant un mur de roche agencé en arc de cercle qui rendait toute progression impossible sinon périlleuse. Le seul moyen d'en sortir était de lui faire face. Liven força sur sa voix, criant presque pour qu'elle l'entende ce qui intensifiait la dureté de celle-ci d'autant plus qu'il semblait lui-même prodigieusement en colère.

- Tu veux apprendre la magie noire ? Commence par me montrer si tu en es digne !


Sabbat, qui avait fini par sortir de sa torpeur, l'avait rejoint sur le talus, penaude devant la stature déterminée de son humain.

**Liv', tu ne vas tout de même pas... ?**


**Soit prête à m'assister, nous avons un ennemi à combattre je te ferais remarquer.**

Son ton coupant lui ôta toute envie de discuter et se reprenant en main, Sabbat obéit à ses consignes en prêtant à la fois attention à Arya et au lynx qu'elle n'avait pas oublier pour autant.

- Voici le marché. Dans ce combat je n'utiliserai que la magie traditionnelle. Si j'estime que tu es capable de survivre à l'entraînement qu'exige la magie noire alors je superviserai ton apprentissage. Si au contraire il apparaît que tu n'en es pas capable tu devras te fier à mon jugement et l'accepter sans tenter quoi que ce soit par toi-même. Si tu ne le respecte pas, je m'assurerai d'être suffisamment dissuasif pour que tu abandonnes cette idée stupide.


Oui. C'est vrai. C'était absolument déloyal. En supposant même qu'Arya montrait les aptitudes nécessaires à l'apprentissage de la magie noire, seul le jugement de Liven trancherait la question et rien ne l'obligeait à se montrer de bonne foi. De plus, la menace clairement exprimée ne lui donnait pas la liberté de refuser ou même de contester la décision qu'il prononcerait. Enfin, à ce jeu-là et dans cet état, elle devrait faire preuve d'une détermination proprement sidérante pour oser l'affronter. Liven espérait qu'elle comprendrait au terme de ce combat ou devant sa résignation qu'elle ne serait pas capable de se plier à un entraînement concernant la magie noire et qu'elle se satisferait d'un entraînement conventionnel. Illusions utopiques ou espérances raisonnables ?



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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Dim 13 Sep 2009 - 19:43

- Je comprends tout à fait la position délicate dans laquelle tu te trouves mon cher lynx. Pourtant, je t'assure que les pensées de Liven n'en sont pas moins complexes même si pour une fois, je suis assez d'accord avec cet imbécile. La puissance qu'il a acquise avec la magie noire lui a demandé beaucoup de sacrifices, et pour me montrer tout à fait honnête, il ne pourra sans doute jamais se pardonner ce qu'il a du faire pour l'obtenir. De plus, sachant ce qu'il en coûte, il refuse de faire payer un prix si élevé à Arya tout en comprenant ses propres raisons. Si tu veux, il est partagé entre son envie de lui venir en aide et celui de la protéger de cette magie et refuse de jouer le mauvais rôle de celui qui l'amènera au stade où il se trouve actuellement. Pour l'instant, il...

- La ferme Sabbat !


Tynador revint sur ses pas lorsque Sabbat commença à parler. Elle lui répondait de la même façon que lui avait pris la parole, c'est-à-dire en dévoilant les pensées et les sentiments de Liven - ce qui ne semblait pas plaire follement à ce dernier. Le lynx retransmit le monologue à Arya par connexion de pensées, certain qu'elle penserait la même chose que lui. Savoir que Sabbat partageait cet avis négatif sur la magie noire et l'expérience de Liven la perturberait beaucoup, et l'amènerai à réfléchir voire revenir sur sa décision… Cela éviterait pas mal de complication et le soulagerait énormément.

Et effectivement, Arya avait réfléchi. Elle avait réfléchi au savon qu'elle passerait à Tynador, bien sur, mais également à son comportement. La principale conclusion de cette réflexion était qu'elle avait agi – n'ayons pas peur des mots - assez stupidement, en s'enfonçant dans une réaction bornée mêlée de mauvaise foi sans prendre la peine de réfléchir. Elle aurait pu tempérer, essayer de le convaincre d'y réfléchir plus attentivement (quoique c'était peine perdue), réagir moins brusquement... Mais si elle admettait qu'elle aurait pu se comporter moins stupidement, elle trouvait aussi que Liven aurait pu agir avec plus de tact. Essuyer deux refus à la suite, rien que ça ! Venant de la part de quelqu'un de qui l'on pensait être proche, c'était dur à digérer. Même si c'était tout à fait compréhensible, c'était dur à digérer.

Peu rancunière de nature, la Magassionnelle n'aimait par contre pas reconnaître ses torts "à chaud", et voulait croire que cette embrouille était partiellement de la faute de Liven. Mais c'était parce qu'elle se connaissait et savait qu'elle pouvait parfois faire preuve d'une absolue mauvaise foi, qu'elle voulait aussi faire un effort. Pas tout de suite, cependant. Elle avait donc décidé de rentrer chez elle, de patienter un peu, de ressasser ce qu'il s'était passé, et de revenir s'excuser ou débloquer la situation le lendemain. Pour pouvoir remettre le sujet sur le tapis plus tard, et plaider sa cause. Elle n'avait même pas envisagé l'idée d'abandonner, jetant aux orties les préférences de son familier, et si Liven ne voulait pas... Et bien, ce n'était pas le seul à savoir se servir de la magie noire. Cette solution de rechange ne l'enchantait pas, car elle ne savait pas du tout sur quel genre d'énergumène elle pouvait tomber. Mais du haut de ses lectures, de ce qu'elle en avait vu et malgré la peur évidente de Liven qu'elle s'efforçait de chasser de son esprit, elle se pensait capable de faire face à ce nouveau pouvoir. Prétentieuse, la Magassionnelle ? Rien que sur les bords.

Forte de ces nouvelles résolutions, Arya avait recommencé sa descente après une légère pause. L'état d'esprit un peu plus engageant qu'elle avait réussi à obtenir était cependant très fragile. En conséquence, il ne manqua pas d'éclater totalement quand un mur de roche lui barra le chemin, visiblement provoqué par Liven. Sa colère reprit immédiatement le dessus : quoi, d'abord il lui opposait deux refus, et maintenant il voulait qu'elle reste ? Il faudrait savoir !

Elle envisagea tout d'abord de forcer le mur et de continuer son chemin, voire de passer par-dessus (elle avait toujours été douée en lévitation). En fin de compte, la curiosité prit le dessus et elle se retourna, peu amène, les bras croisés, visiblement de mauvaise humeur.


- Tu veux apprendre la magie noire ? Commence par me montrer si tu en es digne !

* Mais c'est quoi ce tranenh de retournement de situation ? *

¤ Tynador, reste où tu es ! ¤


Arya agissait peut-être stupidement, mais rien que le fait qu'il la mette au défi ainsi lui faisait comprendre que plus ou moins ce qu'il voulait. Et dans ces cas-là, tous les moyens sont bons.

- Voici le marché. Dans ce combat je n'utiliserai que la magie traditionnelle. Si j'estime que tu es capable de survivre à l'entraînement qu'exige la magie noire alors je superviserai ton apprentissage. Si au contraire il apparaît que tu n'en es pas capable tu devras te fier à mon jugement et l'accepter sans tenter quoi que ce soit par toi-même. Si tu ne le respectes pas, je m'assurerai d'être suffisamment dissuasif pour que tu abandonnes cette idée stupide.

Voilà. Là, on arrivait à quelque chose. Voilà ce qu'elle avait cherché à obtenir - pas de cette manière, il fallait l'avouer. Elle comptait bien démontrer à Liven qu'elle était capable de maîtriser n'importe quelle forme de magie, même si elle ne voyait pas trop comment il allait décider si elle était assez forte psychologiquement pour ça. Car au vu de la précédente réaction de son ami, la Magassionnelle s'était fortement doutée que les "dommages collatéraux" étaient psychologiques, non physiques. De toute façon, elle comptait sur Tynador comme soutien. Un Tynador qui n'était pas franchement emballé par cette idée, mais son caractère de félin ne rechignait pas à l'idée de se battre. Contre Sabbat - plus ou moins - qui plus était. Il était donc tout à fait prêt à tout.

L'éventualité qu'elle puisse ne pas satisfaire son "examinateur" quant à ses capacités n'effleura même pas l'esprit d'Arya. Et même si c'était le cas, elle avait totalement confiance en Liven et en son jugement. S'il disait qu'elle n'était pas apte, elle s'y plierait à contrecœur, ne doutant pas de sa bonne foi. Elle ne comprenait pas trop l'utilité de la menace qu'elle n'appréciait pas, et mit ça sur le compte de la colère qui suintait de sa voix.

Prenant à la lettre les précédentes phrases de Liven, en particulier le mot "combat", elle n'attendit pas qu'il commence pour attaquer. Sans faire montre d'aucun signe extérieur de ses projets – mis à part une légère tension – elle incanta dans sa tête. Rien ne sembla se passer pendant quelques instants, puis des grappes de petites pierres se détachèrent de la muraille derrière elle et foncèrent à grande vitesse sur Liven. Ces petites pierres étaient très pénétrantes, de par leur vitesse ainsi que de par une touche de magie que la Magassionnelle avait ajoutée. Un bouclier standard ne servirait à rien, ou même une tentative pour les faire changer de direction.

Elle pensait bien que cette attaque serait facilement évitée par Liven, mais c'était d'une part pour voir à quoi elle devait s'attendre de sa part, et d'autre part pour préparer l'attaque suivante. Au vu de la différence de niveau entre eux deux, la jeune femme avait décidé de lancer des sorts peu couteux en énergie mais diablement efficaces, au lieu d'un étalage de puissance. Après tout, son but principal était de gagner, même si elle pressentait que cet espoir était assez dérisoire.

De son côté, Tynador gardait un œil sur Sabbat. Il était prêt à intervenir si elle tentait le moindre mouvement, ou sur incitation d'Arya. Il se savait plus fort que la genette, et cela pouvait totalement changer la donne d'une confrontation qui semblait perdue d'avance.


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Mar 29 Sep 2009 - 11:23

La tentative ne manquait ni de conviction ni d'intelligence. En utilisant les bases de son sort précédent, elle économisait son énergie tout en trouvant matière à confectionner sa propre attaque. Dommage qu'elle fut si grossière et précipitée. Au final, elle ne faisait que lui jeter une poignée de gravier au visage comme la provocation puérile d'une gamine insolente. Devait-il lui montrer à quoi elle s'attaquait de manière si irréfléchie ? Ne l'avait-elle pas suffisamment côtoyer pour savoir que cette pichenette n'était pas de taille à l'inquiéter ? En temps normal, sans doute que cette imprudence fut restée impunie. Dominé par son affection et sa retenue à son égard, il aurait accepté son erreur comme un professeur indulgent et bienveillant. Mais l'enjeu de ce combat lui tenait trop à cœur pour qu'il se laisse aller à des préoccupations aussi candides. Il devait la forcer à abandonner aussi rapidement que possible car ce ne serait que lorsqu'elle lui reconnaîtrait une supériorité écrasante qu'elle abandonnerait son idée stupide d'apprendre la magie noire. Or, pour qu'elle accepte une défaite par forfait, il savait que celle-ci devrait être totale et irréfutable. Arya était de ces esprits entêtés qui même devant une vérité, désiraient l'évidence pour pouvoir l'accepter. Quoiqu'il en soit, qu'elle ait conscience où non du pouvoir de son adversaire, elle n'imaginait certainement pas la colère dans laquelle il se trouvait et que la moindre de ses actions semblaient aiguiser. L'affronter était déjà une preuve d'inconscience mais le provoquer volontairement et d'une manière si peu élégante c'était carrément du suicide. Elle désirait connaître et maîtriser l'enfer ? Lui qui en détenait la clef, il garderait la porte close mais lui laisserait regarder par la serrure ces flammes de souffrance, objets et pêchés de son orgueil.

Liven ne comptait pas perdre de temps. Pourquoi s'ennuyer à donner à ce combat une intensité crescendo ? Certes il aurait pu répondre par un autre sort en rapport avec l'un des quatre éléments qui aurait à la fois fait figure de défense et d'attaque mais ce genre de sort était trop facile à détourner pour elle. La jeune femme ne venait-elle pas de prouver qu'elle pouvait sans difficulté s'approprier un sort de cette catégorie ? Non. Il voulait s'assurer d'exercer sur elle une pression constante et implacable, il voulait la pousser rapidement dans ses retranchements, il voulait se mesurer à elle au niveau de ses capacités conventionnelles. Contrairement à ses habitudes, il prononça son sortilège, juste avant que les rochers ne l'atteignent. Dans la situation présente, nul besoin de se fatiguer inutilement en un sort informulé quand son adversaire s'attendait en toute logique à ce qu'il se défende et réplique. Elle n'allait pas être déçue... Les rochers qui ne présentaient pas le risque majeur de le heurter continuèrent leur course en le dépassant à une vitesse folle pour finir par s'écraser un peu plus loin dans le fracas assourdissant de roches s'écrasant contre le sol au point de le faire trembler. Les plus volumineux rebondissaient même, témoignant de la violence de l'impact. C'était aussi une des raisons pour lesquelles ce sort était rempli d'imperfections. Elle aurait mieux fait de les guider jusqu'au bout pour que chacun n'ait qu'une seule cible au lieu de les envoyer simplement dans sa direction. Car même si elle avait l'assurance que quelques uns, au moins, se trouveraient sur sa trajectoire, une bonne partie d'entre eux se contentèrent de le frôler sans l'inquiéter outre mesure. Il s'était fait un régal en revanche de se permettre une considération à la fois esthétique et brutale pour ceux qui avaient eu la mégarde de se trouver sur son chemin. Dans un premier temps, ce fut la confusion la plus totale. Débris de roche qui s'abattaient alentours comme une pluie d'apocalypse, poussière dense restant un instant en suspension comme le brouillard et néanmoins chassée rapidement par le vent violent qu'avait suscité la course des rochers. Dans cette tourmente qui aurait du, aux souhaits d'Arya, le balayer pour ne laisser de son corps que des contours vaguement humanoïdes, le jeune homme apparaissait effrayant d'immobilité comme si la rapidité et la puissance de l'attaque étaient d'un ennui apeurant. Imperturbable, même dans ce paysage de fin du monde, il n'avait pas esquissé le moindre mouvement, attendant simplement que son sort atteigne enfin son but.


- Pour qui me prends-tu, Arya ? N'avons-nous pas tous les deux dépassé le stade des enfantillages ?


Ce fut à peu près à ce moment là qu'on put y comprendre quelque chose. La masse de rocher s'étalant sur plusieurs mètres, les derniers candidats à la désintégration finirent par se présenter. Transparentes, mais déformant la vision de l'espace comme le feraient les courbes d'un verre, d'élégantes vrilles aux ondulations harmonieuses et d'une rapidité surprenante, fusaient vers les rochers avec une implacabilité et une violence rare, les faisant proprement exploser dès qu'ils entraient en contact. Maintenant que le vent et la majorité de la poussière étaient retombés, une partie de cette dernière planait paresseusement autours de Liven, l'environnant d'une aura ocre et hétérogène. C'est ainsi que toute la perversité de son sort se révéla. Les tentacules n'avaient pas achever leur progression sous le simple prétexte que le danger qui menaçait le magas était désormais maîtrisé. Comme l'on pouvait s'y attendre, leur objectif était d'atteindre la magassionnelle pour lui faire connaître le même sort que ces derniers, ou, dans une mansuétude extrême, l'emprisonner et rendre la confection de sort impossible. Non. Le problème ne résidait pas là. Arya devait d'ailleurs certainement s'attendre à une stratégie de ce genre et pourrait certainement les contrer même si elles adoptaient un mode d'approche inégale et que leur trajectoire était difficile à prévoir.

A ce niveau-là, le talent ne se mesurait pas en puissance mais en la maîtrise la plus poussée et la plus parfaite de son don. Une seule petite chose, un grain de sable dans la mécanique, une seconde d'inattention et l'on avait l'assurance d'échouer. En serait-il de même pour Arya ? Avait-elle surveiller la confection du sort de son adversaire ou s'était-elle laissée distraite par la violence de la scène ? Avait-elle suffisamment de méfiance et de doute pour s'inquiéter d'une attaque frontale si évidente ? Saurait-elle s'apercevoir du détail mortel que Liven lui avait confectionné ? Les réponses à ces questions... c'était le moment de les donner. Liven se mit à respirer profondément pour reprendre son souffle. Ce sort lui avait demandé une quantité d'énergie qu'il n'avait pas l'habitude de sacrifier aussi rapidement bien qu'il n'y avait là pas de réelle raison d'inquiétude. Au lieu d'utiliser la magie pour manipuler un élément, il l'avait matérialisé en cette matière étrange qu'étaient les vrilles longilignes et transparentes. En d'autre terme, chacune d'entre elles étaient une forme très dense de magie dont il contrôlait non seulement les mouvements mais aussi les capacités destructrices, pouvant les amplifier ou les annuler à volonté. Néanmoins, si la matérialisation relevait effectivement d'un degré de maîtrise poussée, il était évident qu'Arya la maîtrisait aussi et qu'elle saurait la reconnaître. Il n'y avait qu'un indice qui eut pu la mettre sur la voie : la poussière. Elle qui s'étaient faîte malmenée par le vent soulevé par les rochers, voilà qu'elle restait statiquement en suspension alors que les vrilles la traversaient régulièrement au grès de leurs oscillations. Elles avaient beau transpercer le nuage de poussière de part en part, leurs mouvements ne semblaient avoir aucune incidence sur cette dernière. Et pour cause... Comment quelque chose d'immatériel pouvait-il avoir une incidence sur de la matière ? Liven ne leur avait donné de la consistance qu'au moment de détruire les rochers mais maintenant que cela était fait, il était beaucoup plus prudent de les garder évanescente, appartenant presque au domaine de l'illusion.

La solution ? Contre ce genre de sort, on optait généralement pour la destruction pure et simple du sortilège adverse mais si c'était l'option que prenait la jeune femme, elle était certaine de rencontrer une résistance farouche de la part de Liven qui s'était lui-même fait une spécialité des affrontements de désamorçage de sort. Que lui restait-il donc ? L'abandon, chose que Liven espérait, la fuite, qui ne ferait que retarder le moment fatidique, la défense, qui devrait être à la mesure de l'attaque et qui l'amputerait elle-même d'une grande partie de son énergie. En fait, il devait avouer être curieux de cette dernière perspective. Arya était-elle capable d'une réplique de ce niveau ? Et si oui, sa maîtrise de son don serait-elle égale à la sienne ? Liven sourit avec jubilation. Voilà qui promettait d'être intéressant, il aurait peut être véritablement l'occasion de s'amuser. Si le combat s'élevait à ce niveau de maîtrise, il deviendrait d'une rare violence. Concentré, il surveilla son adversaire et la tactique qu'elle allait utiliser. Répliquera, répliquera pas ?

**Elle répliquera.**

**Comment peux-tu être si sûre de toi ?**


**C'est d'Arya dont nous parlons. Elle appartient à la même race que toi. Lorsque tu t'étais présenté à Sorel n'avais-tu pas chercher à lui prouver de quoi tu étais capable ? N'étais-tu pas prêt à risquer ta vie pour atteindre la maitrise de la magie noire ?**


Elle avait raison. Arya et lui avait été élevé de la même façon à l'Académie, ils avaient les mêmes valeurs. Si sa rage était égale à la sienne... non... penser à cette éventualité suffisait à le faire frémir d'horreur et de dégout.


**Dès le début tu n'avais pas l'intention de la déclarer apte à suivre cette enseignement n'est ce pas ?**

**Ai-je tord de vouloir la protégée ? Même si je dois la protéger d'elle-même ?**

Cette question n'avait rien de son assurance habituelle, tout ce qu'il avait fait jusqu'ici avait été accompli pour un but louable, n'était-ce pas l'essentiel ? Les conséquences n'étaient que des dommages collatéraux que la finalité justifiait. Du moins, le croyait-il...

**Aucun de vous deux n'a tord. Elle est assez grande pour prendre ses responsabilités, tu ne peux pas l'en empêcher et tu es assez grand pour prendre les tiennes.**


Il ne lui restait plus qu'à les assumer.



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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Ven 25 Déc 2009 - 19:02

Sans surprise aucune, Liven évita magistralement l'"attaque" de la Magassionnelle. Les roches qui ne risquaient pas de l'atteindre – pas évident de viser précisément d'aussi loin, aussi – allèrent finir leur course derrière lui, plus aucun des deux protagonistes ne s'intéressant à eux. Ils se désintégrèrent en arabesques de poussière, créant un fond trouble à la scène en heurtant le sol avec violence. Les autres morceaux de la muraille de pierre, par contre, explosèrent purement et simplement. Arya fronça les sourcils. Elle n'avait senti aucun changement de contrôle dans son sort, ce qui aurait signifié que Liven se l'était approprié ou l'avait annulé. De plus, il avait clairement dit qu'il n'utiliserait que la magie conventionnelle, et elle se serait aperçue tout de suite s'il avait pris le contrôle de son sort… Non, ce n'était pas ça. Un bouclier, dans ce cas ? Sans doute. Mais il avait dû être remarquablement solide et lui demander de l'énergie, alors. Après tout, c'était la réaction la plus simple qu'elle prévoyait. Néanmoins, elle avait un mauvais pressentiment. Toujours un mauvais pressentiment quand les choses allaient comme elle le prévoyait. C'était complètement irrationnel, mais bon. Complètement ? Non, elle ne pouvait nier que le fait de savoir qu'elle se mesurait à Liven, qui avait toujours été meilleur qu'elle, le fait de le voir si sûr de lui, si énervé et de le voir clairement en position de force, affichant l'ennui le plus total, avait de quoi inquiéter n'importe qui.

Mais Arya n'était pas n'importe qui.

Alors qu'elle allait repasser à l'attaque, Liven la coupa dans on élan :


- Pour qui me prends-tu, Arya ? N'avons-nous pas tous les deux dépassé le stade des enfantillages ?

Là, Arya eut la confirmation que son mauvais pressentiment était parfaitement fondé. Une angoisse sourde monta dans son ventre, sans raison apparente jusqu'à ce que la poussière se dissipe et qu'on puisse voir comment son "attaque" avait été proprement détruite. Cette parade là n'avait, au contraire du bouclier (qui n'était visiblement jamais apparu), pas du tout été prévue. Et pour cause...

Des vrilles presque transparentes fusaient très rapidement sur les résidus de roche qu'il restait, pour les faire minutieusement exploser. De l'extérieur, c'était un peu comme la déformation de l'air provoquée par la chaleur dans le désert : des ondulations visibles uniquement lorsqu'on y prêtait un peu attention. Mais en beaucoup plus dangereux. En y regardant de plus près, ça ne ressemblait à rien de ce que la Magassionnelle connaissait. Elle en resta perplexe un instant puis sa curiosité prit le dessus, et elle tenta de deviner ce que c'était, oubliant momentanément sa situation. Avant de se rendre compte que ces vagues de poussières fonçaient sur elle.

Minute. De poussière ? Elles venaient d'exploser en bonne et due forme des rochers plus efficacement que n'importe quoi d'autre, et maintenant elles traversaient la poussière sans rien provoquer ? Sans même freiner la descente des fines particules qui brillaient dans la lumière du soleil ? Inconsistantes choses, faites de fibres de rêves et d'imagination, que seuls les Magas pouvaient modéliser à leur volonté, leur donner les formes les plus élaborées comme les plus simples, mais toujours efficaces... En effet, il était évident que c'était Liven qui donnait et privait ces vrilles de leur consistance pour préserver au maximum son énergie. Il était donc clair que son sortilège lui en demandait beaucoup, d'énergie. Et la seule chose que pouvait lui demander beaucoup d'énergie pour quelque chose de cette forme, était de la magie.
Pure.

La jeune femme se pétrifia un très court instant en prenant conscience du sort de Liven. On pouvait faire exactement ce que l'on voulait avec la magie pure, c'était pourquoi elle demandait une très bonne maîtrise de son don et une quantité d'énergie conséquente lorsqu'on la matérialisait ainsi. Les possibilités étaient infinies, et n'admettaient comme frein que l'imagination. Qui savait ce qui pouvait se cacher sous l'apparence anodine d'une sphère semblant solide ? Allait-elle foncer sur vous et se comporter comme une bombe, ou comme un bouclier qui vous engloberait ? Impossible à prévoir, difficile à utiliser mais toujours magnifique : telle était la matérialisation de la magie dans le monde tangible d'ici-bas.

Arya elle-même ne l'utilisait que très rarement, car elle n'avait guère besoin d'autre chose que des sorts plus ou moins basique dans son métier. Parfois plus complexes, plus travaillés ou plus imaginatifs, mais jamais aussi pointus. Néanmoins, elle savait s'en servir, car dans un souci de constante amélioration, elle travaillait autant que possible cet aspect de son pouvoir. Et elle savait aussi qu'il n'y avait presque rien d'aussi dangereux que de la magie pure parfaitement maîtrisée, ce qui était sans doute le cas de Liven. Bien.

Maintenant, elle avait plusieurs solutions. Soit elle tentait de faire disparaître cette matérialisation de la magie, mais il y avait fort à parier que Liven ne se laisserait pas faire et défendrait chèrement sa création. Au vu de son état de colère, elle était quasiment assurée de perdre ce duel de force mental : le risque était trop grand pour qu'elle s'y frotte. Soit elle fuyait, mais elle se ferait à tous les coups suivre par ces étranges vagues de magie qui approchaient en suivant des trajectoires compliquées voire carrément aléatoires. Liven était trop intelligent pour ne pas la faire suivre par ses créations. Elle pouvait aussi transplaner mais le résultat serait le même avec une dépense d'énergie supérieure. Dernière solution : elle contrait.

Puisqu'il ne lui restait plus que cette solution qui, il fallait l'avouer, lui plaisait tout de même plus que la fuite, autant trouver quelque chose d'efficace... Plusieurs répliques lui passèrent dans la tête, mais aucune ne la satisfaisait. Il fallait cependant faire vite car les ondulations quasi-transparentes se rapprochaient dangereusement. Le problème était qu'elle n'avait pas vraiment réfléchi à ce qu'elle pourrait faire dans ce type de situation, puisque c'était quelque chose qu'elle n'attendait pas du tout, et elle se retrouvait sans au moins l'ébauche d'un quelconque plan qu'elle aurait pu adapter. Faute de mieux, elle appliqua alors la meilleure idée qu'elle trouva en réfléchissant à toute vitesse.

Les vagues de magie fondirent sur Arya alors que celle-ci incantait sans lâcher du regard la menace imminente. Elle ne savait pas vraiment si Liven allait donner toute leur consistance à ses créations ou seulement une partie pour éviter de trop l'amocher, mais elle préférait prévoir tous les scénarios et réagir de manière à parer à la pire éventualité. Alors que la Magassionnelle semblait sur le point de se faire avoir par les vagues de magie, un bouclier apparemment solide, mais transparent, se matérialisa tout autour d'elle, même dans le sol. Presque rien ne pouvait laisser croire qu'il était de substance purement magique : on aurait dit du verre tout bête, mais pas très épais. Par conséquent, presque rien ne pouvait laisser croire qu'Arya avait deviné que l'attaque de son adversaire était également de substance purement magique. Ceci dit, ce n'était pas très dur à deviner, connaissant les deux Magas, leur intelligence (toute relative, n'est-ce pas) et leur maîtrise réciproque de la magie. Non, ce n'était pas ça qui allait l'avantager.

L'office donc et la composition de ce bouclier n'étant pas très dur à deviner, il fallait bien pimenter les choses. En fait, ce qui ressemblait à un banal bouclier faisait également office de contre-attaque, si son sort marchait comme prévu. En effet, il pouvait normalement absorber toute forme de magie pure - mais pas une trop grosse quantité - pour se renforcer, ou renvoyer l'attaque sous une autre forme à son créateur. En gros, si tout se passait normalement, elle attaquerait ensuite avec la propre magie de son adversaire... C'était un des types de sortilèges qu'elle préférait, mais elle savait bien sûr n'y recourir que quand c'était la meilleure solution, pas juste parce qu'elle les appréciait particulièrement. Il fallait un minimum d'intelligence tactique, quand même.

La jeune femme était concentrée à fond sur ce qu'elle faisait, et aucune autre pensée ne s'infiltrait dans son esprit. Elle en avait même oublié le but final de cette opération, pour dire ! Une seule chose importait : gagner. Et pour gagner la guerre, il fallait commencer par remporter la bataille. Alors ?


Le choc fut rude. La quantité de magie à absorber était trop grande pour le bouclier. Liven avait chargé plus qu'il ne devrait être autorisé ses spires de magie, et Arya dut réutiliser ce qu'elle absorbait au fur et à mesure. Avec une très grande originalité, elle renvoya une partie de ce qui passait sous son contrôle directement sur Liven, à sa trace, de la manière qu'il avait fait auparavant – ça pouvait le distraire (j'ai le droit de rêver non ?). Elle aurait sans doute pu tout contrôler mais cela lui aurait demandé trop d'énergie, et puis c'était presque plus simple d'invoquer directement la magie pure. Presque.

Enfin, forte de son bouclier "chargé" au maximum de magie, la miss Evans avait toute la matière première nécessaire et rêvée pour attaquer. Mais il lui manquait le plus important… Une idée qui prendrait son adversaire au dépourvu. Dur dur… Elle décida d'essayer la première idée potable qui lui vint à l'esprit. Plus le temps passait, plus son adversaire pouvait attaquer lui aussi…

Elle concentra le plus de magie possible venant du bouclier sur la plus petite surface sphérique possible, de façon à ce qu'elle devienne presque invisible et indécelable. Puis elle créa deux leurres, de même dimension et avec la même trace magique, quasiment indécelables eux aussi, mais composés de beaucoup moins de magie pure, donc peu voire pas dangereux. Le bouclier fit les frais de toute cette énergie utilisée et se décomposa.


* J'ai intérêt à ce que ça marche… Ty' ! *
¤ Prêt ! ¤

Vous connaissez le principe de la pièce qu'on met sous un verre opaque parmi trois verres, lesquels sont ensuite mélangés pour que le pigeon à qui vous faites le tour ne retrouve pas la pièce ? Bah là c'est pareil, en mieux. Car là, les "verres normaux" (comprenez : les deux leurres) et celui contenant la "pièce" (le concentré de magie) se mélangèrent et se séparèrent à toute vitesse, invisibles de transparence. Un alla vers le ciel, l'autre dans la terre et le dernier voltigea directement vers Liven. De plus, si son adversaire trouvait la sphère qu'il fallait réellement contrer, elle pouvait se décharger dans les deux leurres. Sinon, une fois son but atteint, elle explosait purement et simplement.

Une fois sa préparation terminée et ses sphères lancées, Arya revint à la réalité immédiate, prête à contrer une autre attaque ou, comme l'apprit son état de fatigue, à tenter de contrer… Cela lui avait demandé un sacré paquet d'énergie. Ceci dit, elle n'avait pas atteint sa limite. Pas encore.

Et Tynador dans cette histoire ? Notre lynx préféré se préparait à attaquer Sabbat en s'approchant légèrement d'elle dans l'hypothétique cas où l'attaque de son humaine foirait. Cas pas si hypothétique que ça, ceci dit…

Mais il restait lui, Tynador, le lynx le plus fort de Gamaëlia et… Quoi, comment vous avez reconnu que c'était Ty lui-même qui me dictait ça ? ><


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Sam 23 Jan 2010 - 16:19

[je sais, ne te fâche pas... Je te jure que c'est pas de ma faute... ça c'est écrit tout seul ce truc là... j'ai même eu du mal à m'arrêter. **regarde Arya** Non, pas la massue cloutée et chromée, par la massue.... **arrête ses délires et te laisse lire**]




La magie était un art. Le combat, sa forme la plus noble. Les engrenages dangereux qu'il avait patiemment élaborés, la fragile et délicate mécanique de l'attaque et de la défense, la redoutable et impitoyable machinerie qu'il avait mis en branle, rien n'avait été laissé au hasard. Liven sortit tranquillement les mains de ses poches et se mit à marcher droit sur son adversaire en descendant la pente. Désormais, seule l'orchestration parfaite de sa stratégie lui assurerait la victoire, aussi précisément que l'aiguille de l'horloge s'abattant implacablement au rythme cadencé des secondes. Un soupir, aveux inconscient d'une tristesse enfouie qui tachait d'ores et déjà une victoire où l'orgueil n'aurait pas sa place. Et cette confiance, tellement sereine qu'elle paraissait relever de l'inconscience. Il releva légèrement la tête pour surveiller la progression de ses vrilles. Il les ralentissait volontairement. Nul besoin de précipitation... Les choses viendraient en leur temps, petit à petit, aussi rigoureuses et précises qu'elles le méritaient. Son regard glissa vers sa cible, aussi droite et fière qu'elle en avait l'habitude, sans doute beaucoup plus désemparée qu'elle ne voulait bien le laisser paraître. « Alors Arya... Comprends-tu désormais ? Vois-tu dans mon entêtement et mon application à te faire échouer mon désir de te protéger ? Ne sois pas aveugle... Ne m'oblige pas à aller aussi loin... » Vœux pieux et silencieux qui chassaient au loin sa colère, ne lui laissant qu'une aigreur mélancolique et déjà lasse au fond du cœur. Sabbat gambadait à ses côtés, littéralement sidérée par son attitude, terriblement angoissée par son inconscience et monstrueusement affolée par son flegme désemparant.

**Juste une question comme ça qui me taraude : tu viens de perdre la tête ?**

En temps normal, Liven n'aurait jamais fait preuve de cette clémence. Point trop n'en fallait pour parvenir au résultat attendu et s'il avait réellement voulu de cette victoire, il ne lui aurait laissé aucun répit. Rien ne l'empêchait d'enchainer avec une seconde attaque et cela uniquement pour s'assurer l'ascendant sur son adversaire et l'obliger à capituler. Cette réserve en plein combat, une situation où il savait mieux que quiconque mettre ses sentiments de côté, que cachait-elle ? Pourquoi laisser le temps jouer contre lui ? Il n'était pas raisonnable de se rapprocher autant d'elle. Il devait être conscient du fait qu'il maîtrisait plus facilement les combats à distance et particulièrement les combats de haut vol comme celui-ci. De plus, tous magas d'exception qu'il était, parer une attaque violente à cette distance risquait d'épuiser toute son énergie et dès lors il ne serait plus question de parler de victoire puisqu'il serait incapable de riposter. Aux yeux du familier, cette stratégie ressemblait beaucoup à un suicide, ou, dans le cas présent, à une abdication. Ce pouvait-il qu'il renonce ? Non. Ce ne pouvait pas être aussi simple que cela. Le jeune homme qu'elle connaissait ne laisserait jamais sa fierté malmenée sans réagir... mais il n'était pas capable non plus de laisser l'amitié d'Arya lui être arrachée. Devant ce dilemme, qu'allait-il choisir ? Quelle torture lui paraîtrait la plus insupportable, la plus insurmontable ? Non. Il suffisait de le regarder pour savoir que son choix était déjà fait. Ce pouvait-il...

**Ce peut-il que tu acceptes ? Que face à elle tu ne puisses te résoudre à trouver un issue à ce combat ?**

Le jeune homme lui jeta un regard affligé à la dérobée.

**A qui crois-tu t'adresser au juste ?**

Relevant soudain les yeux, Sabbat vit la concentration s'emparer de son visage.

**Dans les dix prochaines secondes, je veux que tu te laisses entièrement guidée par moi.**

Elle ne répondit pas, elle avait confiance en lui. Arrêté à moins de vingt mètres de la jeune femme, il l'observa d'un regard étrange, comme s'il percevait d'avantage que sa simple image. La confection du sort était précipitée mais trahissait son savoir faire, il avait presque eu du mal à distinguer le résultat avant qu'il ne se matérialise, juste assez pour savoir que la partie était terminée. « Oui Arya. Quoi de plus légitime que de chercher à se protéger n'est ce pas ? Mais c'est bien par excès de prudence que tu creuseras ta propre tombe... ». C'était le moment, maintenant ou jamais. Liven donna consistance à ses vrilles au moment même ou le bouclier venait être érigé. Un sourire moqueur apparut sur ses lèvres. Ses créations de magie pure étaient bien au-dessus de la puissance que l'on aurait pu attendre. Mais rien n'était plus efficace pour tromper un adversaire que de jouer sur ses instincts. Tel un joueur d'échec, il avait lentement avancé ses pions, prévoyant la possibilité de chaque réplique, anticipant sur ses réactions. Il l'avait conduite à ce point critique sans même qu'elle ne s'en aperçoive. Toute occupée par son sortilège, rassurée par la puissance qu'il y avait mis, elle ne s'attendrait pas à ce qu'il lui préparait. Son coup de bluff avait porté ses fruits devant l'impétuosité de la jeune femme à montrer de quoi elle était capable et à sa précipitation découlant du fait qu'elle n'ait pas posément juger de la situation. C'était presque dommage qu'il ait visé si juste... A présent, il allait devoir donner tout ce qui lui restait pour la mettre mat. Il releva sa main à ses lèvres, se mordant puissamment le doigt jusqu'au sang...

La rencontre des deux sortilèges n'avait d'égale en violence que leur puissance réciproque. Heurtant le mur translucide de magie, les vrilles se désintégrèrent sous l'impact, concentrant au point de contact une lumière aveuglante qui résultait de la rencontre des deux formes de magie pure. Elles se firent lentement assimilées... comme il l'avait prévu. Liven ressentait presque une certaine forme d'excitation à patienter ainsi, apparemment vulnérable, en réalité maître de la situation. La capacité d'Arya a faire passer sous son contrôle une telle quantité de magie eut été aberrante et elle du se résoudre à laisser quelques vrilles se désintégrer tout en essayant d'en rematérialiser sous une autre forme. C'était l'une de ses tactiques préférées, Liven n'était pas sans le savoir et il avait parié sa victoire sur cette habitude qu'elle entretenait. Elle était pragmatique et vive. Retourner une attaque contre son adversaire devait non seulement lui permettre d'augmenter sa propre puissance mais aussi la plonger dans une joie ironique devant cette fin qu'elle instrumentalisait. Autant il la savait stratège et débrouillarde, autant elle aurait du s'attendre à le voir sournois et prévoyant. Non. Elle ne serait sans doute même pas surprise qu'il puisse agir de façon si tordue... Il commença à élaborer ses sorts pendant qu'elle était occupé aux siens et qu'elle ne pourrait pas y prêter l'attention dont elle aurait du faire preuve. Il n'avait absolument pas le droit à l'erreur. Cet enchaînement ne le lui pardonnerait pas... Il en ressortirait éprouvé et sa victoire ne tiendrait qu'à un fil... Il attendait juste qu'elle laisse la contre-attaque la laisser vulnérable. Juste une question de secondes...

Les sphères partirent si vite qu'il faillit réagir trop tard. Faillit... Il pressa de son autre main la plaie qu'il s'était faîte, s'assurant qu'une quantité suffisante de sang en avait coulé, releva les yeux, compris que la sphère qui filait droit devant lui allait l'atteindre le temps qu'il batte des paupières, lança son sort au tout dernier moment. Son coeur battait encore la chamade dans sa poitrine et la crainte de ne pas avoir réussi à temps le glaçait d'effroi mais il put constater que lui et son familier était toujours saufs à près de cinquante mètres chacun de l'endroit ou ils s'étaient trouvés une seconde auparavant. En question de magie conventionnelle, il y avait deux choses que Liven détestait au point de chercher systématiquement à s'y soustraire ou même à se refuser d'y recourir même lorsque la situation le nécessitait : le vol et le transplanage. Si Arya s'était souvenue de son aversion pour ces-deux exercices, elle avait du être éminemment surprise ! Liven s'était occupé en un labs de temps extrêmement court d'éviter les trois sphères en se déplaçant sur les côtés, toujours sur la pente ascendante par rapport à Arya qui était située un peu plus bas. Voilà à quoi elle n'avait pas réfléchie tandis qu'elle incantait... Qu'il s'agisse de sa sphère envoyée dans le ciel ou de celle qui suivait un chemin souterrain, aucune des deux n'arriveraient en même temps que celle qui suivait une trajectoire rectiligne. C'était une pure question de mathématique et puisque le terrain était très pentu, celle qui était censée l'atteindre par la terre ressortirait forcément à l'air libre puisqu'elle suivait sa trace. Liven serait alors à même de la surveiller au même titre que l'autre. Oui, l'autre et non pas les deux autres... A votre avis, pourquoi avait-il payé de sa personne avant de transplaner et de faire transplaner son familier ? La première sphère à avoir atteint l'endroit ou il se trouvait se serait contenter de pénétrer dans la montagne et d'en ressortir aussi dangereuse que les deux autres. Il n'aurait rien fait de plus que remettre à plus tard un danger supplémentaire. En laissant son sang encore frais se répandre sur le sol, il avait lui aussi d'une certaine manière laisser un leurre. La troisième sphère avait explosé à son contact alors que les deux autres venaient d'amorcer un virage serré en remontant la pente pour ensuite fondre respectivement sur Sabbat et Liven. Tout ceci n'avait demandé qu'une poignée de secondes...

Ce n'était pas le moment de se déconcentrer. Liven lança immédiatement ses autres sorts, conscient que les deux autres sphères allaient les atteindre en un instant. Encore une fois, il ne leur échappa que de justesse, sentant presque leur chaleur incandescente sur sa peau alors qu'il maîtrisait avec peine la désagréable sensation qui accompagnait toujours cette exercice peu plaisant qu'était le transplanage. Il se retrouva à l'opposer exacte de la droite dont Arya était le centre, en aval de la pente, alors que Sabbat auparavant à sa droite se retrouvait maintenant à sa gauche. Il se retrouvait donc derrière son adversaire, constatant avec un soulagement qu'il dissimulait sous les dehors de la prétention que son plan avait fonctionner à la perfection. Les deux sphères ne pouvaient que les suivre et elles n'auraient pas le temps de filer en ligne droite pour les atteindre, le croisement était inévitable et Arya se trouvait justement à ce croisement. Liven utilisa les dernières forces qui lui restaient pour se préparer à mettre en place un bouclier pour la protéger si besoin était, mais surtout pour contrer tout sort que la jeune femme essaierait de mettre en œuvre. Il était à bout de force... Ce serait les dernières ressources qu'il pourrait utiliser. Bien sûr, il ne pouvait pas échouer. Les choses allaient trop vite... Elle n'aurait pas le temps de réagir...

Et si elle le faisait tout de même ? Si elle réussissait à se protéger, à contrer son embargo sur ses sorts ou tout simplement à intercéder dans le contrôle de ses sphères ? C'était un risque... Liven sentit son sang se mettre à bouillir... Pourquoi s'encombrer d'un risque inutile ? N'était-il pas capable de remporter un combat contre une simple débutante en matière de magie noire ? Ça en devenait pathétique... La douleur à sa main volontairement blessée refoula rapidement. Non... C'était faux... Il savait lui-même que ce n'était pas réellement ses pensées. Un poids se posa sur sa poitrine, il eut du mal à respirer convenablement. Pourquoi s'obliger à supporter cela ? Il était parfaitement capable d'y mettre un terme en un rien de temps. Il perdit totalement le contrôle et du bouclier de défense d'Arya et de l'embargo sur ses sorts. Liven savait ce qui se passait. Il devait arrêter ça au plus vite, il le devait pour ne pas laisser les choses lui échapper. Son adversaire n'était pas une ennemie. Elle était certainement à ce jour la personne la plus chère à ses yeux. Il ne pouvait pas, il ne devait pas... Mais ne l'obligeait-elle pas à cette extrémité ? N'était-ce pas de sa faute s'il était à cet instant profondément blessé, déchiré entre son amitié et son devoir ? Quand bien même... Allons, c'était légitime, il ne pouvait pas se permettre de perdre, il le savait. Quand bien même... Une violente migraine l'assaillit. Et puis, était-il véritablement prêt à refuser sa demande ? Au fond de lui, ne savait-il pas qu'il céderait face à la possibilité qu'elle l'abandonne ? Comment pouvait-il être aussi lâche ? ...non... c'était faux... il savait que c'était faux... Supporterait-il de la voir transformer ? De la voir peut être devenir comme Sorel ? Non. Elle pourrait le menacer lui et son pouvoir par la suite, pourquoi prendre ce risque ? … En ce cas, n'était-il pas plus sage d'écarter immédiatement ce risque ? Il n'y avait rien de plus simple... Allons, il le savait bien. Ce n'était pas la première fois... Non, ce ne serait pas la première fois qu'il commettrait le pire pour se mettre à l'abri...

Liven inspira une grande goulée d'air, son corps frémit de plaisir... Cela faisait tellement longtemps... Cette précieuse sensation, cet abandon délicieux, ce frisson unique qu'il ressentait dans tout son être ! Il la sentait, fluide et sans limite, douce et apaisante, réconfortante et libératrice : la puissance. Elle coulait dans ses veines, s'infiltrait dans son esprit, l'emportait au grès des courants de ses envies, le submergeait dans une extase suprême. Comment avait-il pu s'en passer aussi longtemps ? Comment avait-il pu se refuser un tel délice ? Et devant lui, les sphères dont la jeune femme avait repris le contrôle. Comme c'était pitoyable ! Comme c'était risible ! Elle ne pouvait pas être sérieuse, si ? Un mépris grandissant apparu dans son regard, se figea dans son sourire... Comment avait-il pu laisser la crainte, l'inquiétude, la tristesse l'envahirent ? Ce n'était pas lui. Il était bien au-dessus de ça. Il était prêt à tout pour l'empêcher de devenir comme lui n'est ce pas ? ...oh, il devait le prouver... Un petit rire s'échappa de ses lèvres, secoua son torse dans une attitude insultante par la simple expression de moquerie arrogante et insolente qu'il affichait. Qu'était-elle face à lui si ce n'était qu'un misérable insecte ? Comment pouvait-elle avoir penser une seconde le surpasser ? Il était plus que temps qu'il lui montre à qui elle avait affaire.

Les deux sphères stoppèrent net leur course, s'immobilisant dans les airs juste en face de Liven et de son familier lorsqu'il contra le sort dans l'esprit de la jeune femme. Il se régalait à l'idée de savoir ce qu'elle pouvait bien ressentir. Était-elle indignée par son intrusion violente et féroce contre sa volonté ? Était-elle effrayée par l'étendue du pouvoir qu'elle découvrait ? Aurait-elle par hasard quelques regrets à l'avoir provoquer ? Il se remit à rire, remontant la pente pour s'avancer jusqu'à elle tout en s'amusant à la tenir entre ses griffes. « Non ma belle, je ne te laisserais pas contrôler tes créations... ah, désolé mais les annuler non plus ça ne t'ait pas autorisé... je conçois que ce soit gênant mais tu peux toujours t'accrocher pour concevoir un autre sort... » Liven était passé maître dans les confrontations de ce genre mais sous le contrôle de la magie noire, c'est à peine s'il notait la résistance farouche et pour tout dire courageuse d'Arya. Il aimait son impuissance, savoir qu'elle ne pouvait rien contre lui après s'être imaginée le contraire. Oh ! Comme il aimait se regard effrayé et rageur qu'elle lui lançait ! Il afficha un sourire en coin remplit de dépit. Il ne pouvait pas raisonnablement tolérer une telle impertinence de sa part. Après tout, elle n'était rien. Elle n'avait aucun pouvoir de le soumettre à une décision égoïste...lui, si.

- Tu n'as aucune idée de ce dans quoi tu t'es embarquée...

Sa voix s'était dotée d'une intonation malsaine qui lui était totalement inhabituelle. Il était temps d'en finir... Liven lui arracha ses créations, les fit siennes, sans chercher à l'épargner ou à atténuer la violence du transfert. Tout devenait tellement simple avec la magie noire... Il soupira avec dédain en se détournant momentanément de sa victime pour prêter attention aux sphères auxquels il fit faire deux larges cercles pour qu'elles parviennent à la droite et à la gauche d'Arya. Puis, avec un regard ou le mépris se partageait au sadisme, il revint vers elle. Qu'avait-elle cru au juste ? Elle n'était pas capable de suivre ce qu'il lui aurait proposer de toute façon. Il n'avait pas à s'encombrer de personnes inutiles de son espèce...


- Tu n'as plus qu'à disparaître de ma vue.

Les sphères se mirent brutalement en mouvement, convergeant à une vitesse folle vers la jeune femme complètement démunie qui lui faisait face. C'était toujours cet instant qu'il préférait, depuis ce méragas qu'il avait tué dans la forêt, depuis cet agaçant vampire dont il avait fini par venir à bout. Il aimait voir le désespoir et la panique dans leurs yeux. Lui ne les ressentait plus. Il était enfin protéger de ces faiblesses qui l'avaient toujours freiné, ralenti dans ses ambitions. Pour la première fois depuis longtemps, il n'était plus assaillis par les tourments, les regrets, la honte, la douleur, la peur ou toute autre forme de frustration. Pour la première fois depuis longtemps, il n'était plus déchirer entre ses doutes et ses espoirs. Il n'avait plus qu'à gouter au plaisir de tuer Arya de ses mains. Tuer Arya... Un violent maux de tête le saisit tandis qu'il relevait une main à son crâne dans un réflexe inutile, comme si c'eût eu suffit à le chasser. Tuer Arya... Que se passait-il ? ! Ce n'était pas comme s'il allait hésité maintenant ! Tout ce qu'il avait à faire c'était laisser les sphères... Il tomba à genoux, serrant sa tête entre ses mains comme si elle allait lui être arrachée, fou de douleur. Les sphères crépitèrent, trouvant une irrégularité dans leur puissance et dans leur trajectoire avant de se désintégrer à environ trois mètre de leur cible. Ce n'était pas comme ça que les choses devaient se passer ! Comment pouvait-il se laisser ainsi dominer par ses sentiments ? ! N'avait-il aucun respect pour lui-même ? Était-il donc incapable de se maîtriser ne serait-ce qu'un instant pour exécuter ce dont il avait le plus envie ?

- ...la...ferme...

Et voilà qu'il se parlait à lui-même ! Si ça ce n'était pas pitoyable ! ...Il devait mettre un terme à tout ça. Il devait le faire avant de commettre quelque chose d'irréparable... Non, il fallait croire qu'il n'était pas capable de simplement suivre ses instincts, de combattre pour ce qui lui tenait le plus à cœur. C'était faux... nom d'un dragon, il le savait que c'était faux ! Liven dépassa un nouveau pique dans la douleur, s'affaissant sur lui-même, secouer de tremblement, respirant par intermittence et réfrénant tant bien que mal les hurlements qui ne demandaient qu'à franchir ses lèvres. Contre lui, un pelage chaud, sur son épaule, une main timide... Pouquoi s'imposer tout ça ? ! Pourquoi lutter ? ! Ne savait-il pas ce qu'il devait souffrir à chaque fois ? Jusqu'à quand continuerait-il de renier ce qu'il était devenu ? Il ne pouvait pas y échapper, non, il ne pourrait pas y échapper.

- ...stop...

Ce serait si simple de se débarrasser de cette douleur et des souffrances à venir... Il n'avait besoin que de laisser le cours naturel des choses se dérouler. Il en avait déjà fait l'expérience plusieurs fois, il savait la sensation d'infinie bien être qu'il possédait dès lors. Juste un moment... Ne serait-ce qu'un moment... Son mal de tête se calma un peu. Oui, c'était ça qu'il devait faire. Encore un peu pour qu'il cesse tout à fait... Il s'obligea à serrer le poing jusqu'à ce que ses ongles entre dans sa peau, appuyant encore jusqu'à ressentir la légère douleur qui en émanait et qui aurait du être beaucoup plus violente. Il était fou. Que faisait-il ? Pourquoi s'arrêter ou continuer ? Pourquoi s'était-il imposer cette torture qui ne le quitterait jamais ? Il joint son autre main à la première pour renforcer la pression. Il n'avait pas le choix... Il ne voulait pas avoir à choisir... Pourquoi les choses ne se passaient-elles jamais comme il l'aurait souhaité ? Trop de questions. Ce mal de tête. La douleur de sa main. La chaleur contre sa jambe. Cette main tremblante sur son corps...ou était-ce son corps qui tremblait sous cette main ? Il y avait aussi des larmes. Pourquoi des larmes ? Il voyait flou. Pleurait-il ? Il y avait aussi une voix. A qui était cette voix ? Était-elle à cette autre personne près de lui ou la rêvait-il ? Il y avait aussi le vent. Celui qui glaçait la sueur qui perlait à ses temps, qui collait ses cheveux dans son cou, qui portait son nom. Son nom ? On l'appelait donc. C'était confus. Trop. Il sombra.

Son corps se détendit soudainement, ses yeux se fermèrent inconsciemment. Il se laissa sombrer dans l'inconscience, seul refuge que son être avait trouvé pour le mettre à l'abri, pour l'épargner quelques instants. Sa respiration retrouva peu à peu un rythme normal quoique faible. Ses lèvres remuaient seules des mots qui ne prenaient pas forme avant de s'immobiliser. Son poing se déserra, révélant quatre marques profondes d'où suintait sans cesse son sang. La fatigue, le niveau auquel il avait voulu combattre, la tentation de se laisser soutenir par autre chose... il n'avait pas su tenir bon, il était anéanti sans encore le savoir. Combien de temps se déroula ? Il ne saurait le dire, il était réveillé tout en gardant les yeux clos, allongé sur le dos. Faible... il se sentait si faible... et puis il était brûlant, il mourrait de chaud. Il déglutit péniblement, se rendit compte que ses muscles lui semblaient de plomb. Un plomb en passe d'être en fusion alors car il se sentait mou... Lentement, ses paupières frémirent avant qu'il n'ouvre les yeux. Et puis alors il réalisa...


- Arya !

Il se redressa si violemment qu'il crut que ses muscles venaient tous de succomber à une crampe généralisée. Il ferma brusquement les yeux, irrités par la lumière vive du soleil de fin d'après midi, menant une main à sa tête pour masser son front, immédiatement sujet à une douleur lancinante. Alors c'était ainsi que les choses se passaient ? Quand il parvenait à rejeter la magie noire, à reprendre le contrôle de lui-même, il ne s'en trouvait que davantage démuni ? C'était d'une ironie criante et de mauvais goût. Dire qu'il avait failli... Il l'aurait tuer... Il savait qu'il l'aurait tuer. L'horreur de cette certitude le paralysa plus surement que la douleur. Se laissant retomber sur la sol en prenant soin d'y aller lentement cette fois-ci, il mit encore un certain temps à récupérer ses esprits.

- Je crois qu'on peut dire qu'il est revenu à lui.

- Moins fort... par pitié... moins fort...

Il n'avait expérimenter le bonheur d'être saoul que deux fois et il s'était juré que cela ne se reproduirait jamais plus. Pourtant, son mal de tête en présentait tout les symptômes. Une comparaison qui l'inquiéta... Il pouvait atteindre l'ivresse en matière de pouvoir ? Il prit le parti de garder les yeux fermés. Comment pourrait-il la regarder en face ? Comment pourrait-il trouver le courage de lui expliquer ce qui venait de se passer ? Après ça, comment le considéra-t-elle ? ...oh...non... encore cette douleur rivée au cœur...



AGAIN
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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Mer 24 Mar 2010 - 22:16

Les sphères filaient à toute vitesse vers leur cible, chargées de la promesse d'une belle explosion et, si possible, de la mise KO de Liven. Alors, elle aurait gagné. Alors, elle aurait ce qu'elle voulait. Alors…

L'attention d'Arya se reporta immédiatement sur Liven quand elle s'aperçut qu'elle n'était plus concentrée. Reprenant peu à peu son souffle, elle se rendit compte qu'il s'était avancé pendant qu'elle confectionnait son sort. Sous la pression des vrilles de magie ennemies, elle n'avait pas prêté assez d'attention à son ami et il se trouvait à présent à moins de vingt mètres d'elle. Elle n'aimait pas trop cette "proximité" qui lui laisserait moins de temps pour réagir s'il lançait une autre attaque. Elle n'était plus protégée et…
Minute. Il s'était avancé ? Alors qu'il aurait eu tout le temps dont il avait besoin – voire plus – pour confectionner un autre de ces sortilèges puissants et quasi-impossibles à contrer dont il avait le secret ? Que mijotait-il donc ? Encore un de ces plans tordus qui allait la prendre par surprise et l'obliger à utiliser une quantité phénoménale d'énergie pour contre-attaquer ? Elle le regarda beaucoup plus attentivement. La sphère centrale allait l'atteindre sous peu, quelques secondes avant les deux autres qui suivaient des trajectoires plus courbées. Il semblait occupé et la Magassionnelle se prépara à tout, adoptant inconsciemment une position de défense physique qui semblait complètement déplacée dans cet environnement saturé de magie brute.

Rectification : Elle se prépara à tout, sauf à ça. Premièrement parce qu'il était de notoriété publique – ou plutôt Aryanesque – que Liven détestait ce genre de magie, d'ailleurs elle faisait partie de celles qu'il maitrisait le moins bien. Relativement, bien sûr. Notre surprenant personnage s'était en effet retrouvé à environ cinquante mètres de l'endroit précédent, ainsi que son familier et sachant que non, les humains n'avaient pas (encore) la capacité de parcourir cinquante mètre en une fraction de temps infiniment petite, Arya avait conclu de ce déplacement aussi soudain qu'inattendu que Liven avait transplané, malgré toute l'aversion qu'il pouvait éprouver face à ce mode de transport. Deuxièmement, éviter des choses volantes, dangereuses et qui vous suivaient à la trace – des missiles, en fait – en se déplaçant… Ce n'était pas très malin. Car lesdits missiles à tête chercheuse vous retrouvaient en un rien de temps pour se faire une joie de vous faire exploser en tout petits petits morceaux. Et en parlant d'explosion…

La Magassionnelle fronça les sourcils : pourquoi la première des sphères avait-elle explosé alors qu'elle n'avait pas atteint sa cible ? Elle n'avait pourtant pas échappé à son contrôle, et les deux autres, maintenant à l'air libre, filaient sur Liven et Sabbat sans se préoccuper de leur consœur ni exploser comme elle. Un mystère à priori insoluble, qui trouva solution dans ce qui avait semblé occuper Liven peu avant qu'il ne transplane. Il avait dû lancer un sort ou contrer d'une façon ou d'une autre la première sphère, celle qui était originellement chargée de magie. Quelque chose comme ça. Mais dans ce cas, il allait faire pareil avec les deux autres… Il fallait qu'elle sache comment il avait agi. Elle resserra sa prise sur ses créations, bien décidée à comprendre avant que son plan ne parte en fumée. Mais elle ne comprit pas : Liven avait encore une fois disparu et cette fois, aucune des sphères n'avait eu à souffrir.

Elle regarda à droite, à gauche…


¤ Derrière ! ¤

Fit brusquement volte-face et vit sa cible, accompagné de son familier. Tynador revint aux côtés de son humaine, qui chercha une raison à ce deuxième transplanage et n'en trouva pas. Bien qu'elle fît de son mieux pour ne pas le montrer, ne pas comprendre les choses l'inquiétait beaucoup et elle n'en était encore que plus méfiante.

Les sphères de magie brute prirent un virage en piqué rendu malaisé par la vitesse, mais ce fut gracieusement qu'elles se redirigèrent vers Liven qui était maintenant de l'autre côté d'Arya par rapport à ces dernières. Et donc, la créatrice de cette attaque se trouvait pile sur le chemin. Ce n'était pas un problème, il suffisait qu'elle les fasse plonger sous terre, ou même qu'elle s'écarte légèrement, après tout elle n'était pas leur cible et elle sentait toujours son contrôle absolu sur son attaque. Non, ce n'était pas un problème et, sur ce coup-là elle ne comprenait pas pourquoi Liven avait fait ça. De plus elle pouvait, au pire, supprimer son sort – enfin ça l'embêterait beaucoup quand même. Oh, il devait y avoir quelque chose qu'elle n'avait pas décelé, ce devait être ça. Elle étendit ses perceptions magiques pour voir s'il y avait quelque chose, et trouva… un bouclier. Un bouclier ? Autour d'elle ? Parce que ses propres créations lui fonçaient dessus ?

Après sa courte stupeur, elle ressentit un élan de colère et de fureur envers Liven. Elle était capable de se protéger toute seule, quand même ! La prenait-il si peu au sérieux que ça ? Pensait-il qu'elle était vraiment si nulle ? Alors qu'elle avait atteint un niveau de maîtrise de magie comme peu avant elle? Alors qu'elle état parvenue par ses propres moyens au poste de chef des Magassionnels ? D'une des guildes les plus réputées de Sannom ? Elle était peut-être moins douée que lui, le plus jeune chef des Chasseurs de Primes depuis l'existence de la guilde, mais il y avait des limites ! Elle lança un regard noir très significatif de son humeur à Liven puis d'un geste rageur, elle effaça ce bouclier inutile et modifia la trajectoire de ses sphères pour qu'elles l'évitent, les quelques forces qui lui restaient doublées par la colère, ce puissant catalyseur de magie. Les sphères passèrent donc à quelques centimètres de la jeune femme pendant qu'elle continuait de tuer son ami du regard, avant de s'apercevoir qu'il n'avait plus la même attitude qu'auparavant. Il y avait quelques instants il était visiblement fatiguée par le déploiement de magie qui avait eu lieu, et là… Un doute s'insinua dans l'esprit d'Arya. Non, ce n'était pas possible. Il avait dit qu'il ne s'en servirait pas et elle avait toute confiance en lui dans sa capacité à y résister. Non, ce n'était pas possible. C'était un coup de bluff. Oui, voilà. Un coup de bluff…

Mais qui croyait-elle convaincre ?

Arya retint une exclamation lorsqu'elle sentit le contrôle des sphères lui échapper. Celles-ci stoppèrent net à quelques mètres d'un Liven visiblement sûr de lui, dans une posture agressive et méprisante. Ce n'était pas Liven. Ce n'était pas l'ami qu'elle connaissait. Ce n'était plus lui. Il s'était laissé avoir. Et cela ne présageait rien de bon. Comment avait-elle pu être assez stupide pour accepter ce marché ? Elle n'était pas prête à renoncer à l'apprentissage de la magie noire, mais elle aurait dû deviner que le sujet proprement dit allait pointer son nez. Ceci dit, c'était un peu tôt, là…

Agacée par sa propre stupidité, elle ne ressentit réellement la peur que lorsque Liven – ou ce qui en avait prit le contrôle - se mit à rire et à s'avancer vers elle, jouant négligemment avec les sphères. De magie brute. Mortellement dangereuse. Hum, c'était pour ainsi dire légèrement problématique. Chassant tout sentiment de sa tête, elle tenta d'en reprendre le contrôle, après tout c'était sa création. Ou, plus simplement, de les annuler. Mais malgré toute la puissance qu'elle pouvait y mettre, ce qui aurait dû n'être qu'une formalité devenait une montagne de difficulté. La peur revint tandis qu'elle essayait tout ce qui lui passait par la tête pour ne serait-ce que réussir à agir. Rien, rien de ce qu'elle pouvait essayer n'aboutissait malgré la disparition de la fatigue, gommée par la peur. Rien, rien de ce qu'elle tentait ne fonctionnait malgré toute la force de sa volonté. Elle se sentait complètement impuissante. Impuissance, sentiment tant détesté déjà ressenti lorsque les vampires avaient envahi Sannom. Les vampires, ces détestables créatures qui avaient forcé, oui forcé, son ami à s'initier à la magie noire. La colère revint, chassant la peur. Mais sa résistance restait vaine. Vaine et surtout… Impuissance…


- Tu n'as aucune idée de ce dans quoi tu t'es embarquée...

Elle lui lança un regard haineux. A ce moment, à cet instant précis, elle n'avait jamais autant souhaité pouvoir lui lancer une réplique voire un sort qui le ferait souffrir, à lui qui la confrontait de nouveau à cet horrible sentiment d'impuissance mêlé de fureur. Puis, elle se souvint. Magie noire. Ce n'était pas Liven. Ce n'était plus Liven. Elle devait le faire revenir. Mais comment ?

Un gémissement s'échappa d'Arya quand elle sentit son sortilège lui échapper totalement, irrévocablement, et de façon très violente. Elle eut alors un aperçu de la puissance qui se cachait derrière la magie noire. Et comprit un peu mieux pourquoi il avait pu y céder, même si elle ne connaissait pas totalement les raisons. Mais maintenant, elle était encore plus démunie. Elle n'essaya même pas de créer un autre sort, si c'était pour qu'il lui échappe de la même façon… Mais que faire ? Rester là à attendre la suite sans agir ? Son regard resta rivé sur Liven alors qu'il déplaçait les sphères. Le sang-froid dont elle faisait si habituellement preuve reprit le dessus sur ses émotions et elle regarda, comme étrangère, ses anciennes créations venir se placer à sa droite et à sa gauche. Puis elle se redressa et regarda son tortionnaire, fière. Non, elle n'avait pas abandonné, pas encore…


- Tu n'as plus qu'à disparaître de ma vue.

Pardon ? Là, ça s'annonçait mal. Très mal. Elle était complètement démunie face à lui, et voilà que Liven voulait la… tuer. Rien que le fait d'énoncer le fait faisait peur. Imaginons maintenant qu'il avait recommencé à faire bouger les sphères, vers elle. Ca, ça faisait très peur. Elle retenta de les bloquer par tous les moyens possibles et imaginables, mais rien à faire. Il était beaucoup trop puissant.

Elle sentit une boule se former dans son ventre et s'efforça de la chasser, sans succès. La dernière fois qu'elle s'était retrouvée dans une telle situation d'impuissance, son adversaire ne voulait pas la tuer, elle avait pu s'en sortir. Mais là… La panique commença à la gagner alors qu'elle voyait les sphères se rapprocher de plus en plus, très vite. Elle esquissa quelques pas en arrière, dans un inutile réflexe pour éviter la menace. Non, non, ce n'était pas possible… Il n'allait pas la tuer… Pas lui, pas elle… Non, c'était une blague, un cauchemar, elle allait se réveiller… Sa respiration se précipita encore plus, elle écarquilla les yeux, affolée. Ce n'était pas possible, elle n'allait quand même pas mourir ? Pas maintenant ? Non !


LIVEN !

Dans un dernier élan de panique, elle avait crié. Sa voix lui sembla légèrement plus aiguë que d'habitude, presque hystérique. Elle remarqua cela avec un certain détachement, comme si elle n'était pas concernée. Comme si elle vivait la scène de loin, irréelle… Puis elle revint sur Gamaëlia et regarda Liven, contenant tant bien que mal la panique qui revenait, l'angoisse qui l'accompagnait et surtout la peur incontrôlable qui menaçait de se faire une place. Non, stop, calme-toi Arya…
Liven leva une main à sa tête. Elle recula, tenta de reprendre son sang-froid. Echoua. Ca y est, c'était fini. C'était de sa faute s'il avait dû succomber à la magie noire et maintenant, elle allait mourir à cause de cette erreur. Mais elle ne voulait pas. Non ! Non…
Il tomba à genoux, tenant sa tête entre ses mains comme si elle allait éclater. Que se passait-il ? Que lui arrivait-il ? Il luttait, visiblement… Contre la magie noire ? Peut-être que… ?
Les sphères se désintégrèrent après un ultime soubresaut. Arya s'autorisa à respirer et se fit violence pour reprendre le contrôle de ses émotions. Ce n'était pas le moment de se laisser aller.


- ...la...ferme...

Ce n'était plus la même voix froide et arrogante d'avant. Cette voix-ci était hachée, on sentait la souffrance et la lutte… Elle se précipita vers Liven, oubliant complètement la prudence et le fait qu'elle venait d'échapper de peu à un meurtre sur sa personne en bonne et due forme. Il s'était effondré. Avec une légère appréhension, elle posa une main sur son épaule et s'agenouilla : il tremblait. Encore plus qu'elle. Si c'était possible. Une vague de remords la saisit. Alors qu'elle avait manqué de peu de se faire tuer. Cherchez l'erreur.

- ...stop...

Liven…

Elle chuchota ce nom. Plusieurs fois. Encore. Et encore. Pourquoi ? Parce que.

Liven…

Il tremblait. Enormément. Luttait. Courage, accroche-toi. Je suis désolée…

Liven…

Je suis désolée… Il ne faut plus que tu utilises la magie noire. Plus comme ça, plus sans garde-fou, sans barrière à laquelle se raccrocher pour ne pas sombrer, encore plus…

Liven…

Il pleurait. De souffrance ? Physique ? Mentale ? Les deux à la fois ? Voir les autres dans un tel état n'avait jamais réussi à Arya.

Soudain, il se détendit, inconscient. La magie noire l'avait quitté. Elle le regarda un instant, simplement. Puis respira profondément, ferma les yeux et prit conscience de la présence de Tynador à ses côtés.


¤ C'est vraiment grave. ¤
¤ Je ne pensais pas que c'était aussi… ¤
¤ Moi non plus. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne pense pas que c'est normal. Certes, la magie noire est puissante. Mais tu as vu comme moi qu'on peut totalement la soumettre à sa volonté sans que le contraire n'arrive. ¤
¤ Je ne sais pas… C'était à Sombréa et je ne me suis pas forcément rendue compte de la difficulté qu'ils avaient ou non à s'en servir... ¤
¤ Moui. Mais bon, maintenant que tu as eu ce que tu voulais, il va falloir que tu en assumes les conséquences. Qu'il n'ait pas fait ça pour rien. ¤
¤ Je n'avais pas l'intention d'y renoncer. ¤
¤ Tu es sûre ? ¤
¤ Oui. ¤

Catégorique, clair et sans appel. Oui. Elle voulait voir, approcher cette mystérieuse puissance au risque de s'y brûler les ailes. Oui. Elle voulait comprendre et, pourquoi pas, partager cette sensation, ce "secret" avec Liven. Oui, c'était stupide, enfantin et sans doute surestimé. Mais elle n'avait jamais prétendu que son projet était intelligent et sage. Et puis, il fallait aussi avouer que la perspective de savoir qu'elle n'aurait plus rien à craindre était assez séduisante. Craindre quoi ? Sa vie n'était-elle pas déjà exempte de beaucoup de danger grâce à la magie conventionnelle? Craindre la perte d'un ami cher, qui s'éloignait déjà trop d'elle à son goût, rongé par les doutes et, quoi qu'il puisse en dire par ailleurs, par ce pouvoir, la magie noire…

Que se passe-t-il, Arya ? D'habitude, tu n'es pas aussi scrupuleuse envers tes pensées. Celles qui ne te plaisent pas, tu les ranges dans un coin de ta tête et n'y touches plus… Le fait d'avoir frôlé la mort t'aurait-il éclairé sur tes sentiments et tes pensées reléguées dans les coins sombres ? Prendrais-tu conscience que tu ne pourras pas les éviter indéfiniment ?


- Arya !

Sauvée par le gong de ces pensées déplaisantes. Mais il faudra bien revenir dessus. Un jour.

Liven se redressa brusquement, manquant de la faire tomber. Puis se rallongea, les yeux fermés, après un court moment. Arya ne bougea pas, attendant de voir s'il lui reprendrait la lubie de la surprendre une deuxième fois, avant de s'asseoir en tailleur dans l'herbe, la tête dans les mains.


- Je crois qu'on peut dire qu'il est revenu à lui.

- Moins fort... par pitié... moins fort...

Léger silence.

Tu m'as fait peur, Liven.

Non pas parce qu'il avait failli la tuer, mais parce qu'il avait failli se perdre, lui. Ca lui semblait tellement évident qu'elle ne précisa rien, ne se rendant pas compte que cela pouvait être interprété complètement différemment.

Il y eut encore un instant de silence, seulement troublé par le vent. Arya remarqua que le soir tombait. Elle ne savait pas trop quoi faire, maintenant. De toute façon, le sujet allait de nouveau être abordé. Léger soupir.


Ca va ?

Stupide question. Non, évidemment. Comment cela pourrait-il aller ? Mettons-nous à sa place. Du moins, essayons. Il venait de se réveiller, visiblement douloureusement, d'une non moins douloureuse incursion dans la magie noire. Et puis il y avait sûrement d'autres pensées et doutes qui l'assaillaient maintenant qu'il avait recouvré ses esprits. Les mêmes qui l'avaient fait plonger. Arya ne pouvait pas savoir exactement lesquels, elle pouvait juste tenter de deviner. Tenter de comprendre cet homme qui ne se livrait pas. Tenter de faire connaître sa présence. Espérant que ça suffirait. Espérant que ça l'aiderait. Se désolant de ne pouvoir en faire plus. Tenter pour, peut-être, un jour, réussir…

[Hj : Je suis absolument désolée du retard et j'éspère que la fin te convient >< ]


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Dim 25 Avr 2010 - 16:12

[court mais je n'arrive décidément pas à faire mieux T_T. J'espère que ça te plaira.]



Mourir... chaque fois un peu plus. Mourir à chaque seconde qui s'étiraient lentement sous son regard. Mourir de ses blessures, celles qui ne se voyaient pas. Rester captif des murmures qui s'élevaient dans le silence, s'oublier, se perdre, se renier. Sensation d'étouffement. Celle se sentir les peines, la peur, les sanglots, la honte, les remords, comprimer son cœur sans pouvoir s'en libérer. Et puis entendre les pleurs qu'il déversait sans larmes pour épancher la douleur des plaies qui ne se refermaient jamais. Ravaler ses cris qu'il ne pouvait hurler comme si sa gorge serrée menaçait de l'étouffer. Avoir mal. Souffrir de ces déchirures, ombres des abysses, qui s'étiraient sous sa peau et le torturaient, avouant ses fautes dans un souffle sulfureux. Enfer... si seulement il pouvait mourir en cet instant, si seulement il pouvait déposer les armes. La pensée de l'abandon résonnait dans son âme, trouvant écho à son désespoir. Lâcheté d'une fuite qui peut être ne l'effrayait déjà plus et qu'il entrevoyait comme une délivrance. Ainsi il n'aurait pas à se relever, ainsi il garderait les yeux indéfiniment fermés. Mourir... Pourquoi ne pouvait-il pas renoncer ? Regretterait-il la brise chaude qui caressait sa peau et baladait avec caprice ses mèches trop longues sur ses yeux clos ? Le parfum puissant et agréable de la terre sur laquelle il reposait ? Les nuits toujours trop longues où il ne connaissait plus que cauchemar et insomnie ? L'habitude bien rodée de sa vie réduite à un châtiment qu'il ne pouvait plus supporter ? Garder les yeux clos.

Liven se refusait à voir la réalité, à la comprendre, à l'accepter. Il refusait de faire face à toutes les questions laisser sans réponse et qu'il fuyait avec tant d'acharnement. Il se réfugiait dans ce néant absurde et obscur qui dictait sa vie depuis si longtemps. Sombre, comme la magie à laquelle il avait soumis son existence. Sombre, comme les actes dont il s'était rendu coupable. Sombre, comme le reflet qu'il offrait stratégiquement de lui-même pour qu'on ne le comprenne surtout pas, pour qu'il soit toujours le seul à savoir l'étendue de ses souffrances ou de ses joies, pour se protéger des menaces que les autres représentaient, pour pouvoir fuir allègrement et céder trop facilement lorsque cela l'arrangeait. Car c'était ce qu'il venait de faire. Pour se mettre hors de portée d'Arya, pour fuir le choix qu'elle lui imposait, pour ne pas avoir à reconnaître les faiblesses qu'il ne s'avouait jamais. Garder les yeux clos et pouvoir côtoyer un peu plus cette froide obscurité qui le glaçait et l'effrayait mais qui lui était devenu coutumière. Garder les yeux clos comme une barrière ultime à sa vulnérabilité, à la fragilité qui le plongeait dans un gouffre d'angoisse et de tristesse. Liven fronça fermement les sourcils, serrant sa mâchoire jusqu'à pouvoir à nouveau prendre une inspiration que ses émotions ne rendraient pas saccadée. Il se détestait. Il était abjecte. Comment pouvait-il encore penser à se détourner, à s'affranchir de ses responsabilités ? Comment pouvait-il être lâche à ce point ? Qu'avait-il fait de cette fierté qu'il chérissait tant ? De ses idéaux qu'il nourrissait autrefois ? Liven... Qui était-il au fond ? Était-il trop tard ? N'avait-il déjà plus le choix ? Non. C'était maintenant qu'il devait choisir et ne plus repousser l'échéance. C'était maintenant qu'il se devait faire preuve de courage. Même si c'était difficile, même s'il n'y parviendrait peut être pas, même s'il en craignait les conséquences. S'éloigner des mensonges et des illusions, être enfin franc avec lui-même... Arya... Elle était là, près de lui. Il avait besoin de sa présence pour y puiser la force de ne pas reculer, quand bien même était-il effrayé, quand bien même avait-il honte. Lentement, il entrouvrit les paupières. Quand bien même il avait failli à ses yeux..

- Tu m'as fait peur, Liven.

Souffrance... comme jamais. Non... Non pas ça... Pas de reproches ni d'aveu si douloureux. Non, Arya... Pas de vérité si brutale et évidente qu'elle arrachait à son cœur le peu d'assurance qu'il venait de lui redonner. C'était vrai... Dire qu'elle l'avait vu... perdre le contrôle, déraper complètement au point d'avoir failli être la victime de sa folie, de son égoïste péché. Dire qu'elle voulait partager son insanité. Oh non... il avait mal. Si elle savait... si elle savait comme il avait mal, comme il le regrettait, comme il se détestait. Non Arya... Pas elle... Il ne pouvait pas la perdre elle-aussi. Il ne le voulait pas... Il n'avait jamais su que détruire ceux qui l'entouraient à sa propre image mais elle avait tenu bon. En dépit de son caractère exécrable, en dépit de sa solitude, en dépit de tout ce qu'il pouvait bien lui faire subir. Sa culpabilité le rongeait.

- Ca va ?

Et cette sollicitude... Elle n'avait pas le droit. Il ne méritait pas qu'elle s'inquiète pour lui, pas après ce qu'il venait de lui faire vivre. Il préférait encore de très loin qu'elle le fasse souffrir, qu'elle le blesse et le traine dans la boue, qu'elle le pousse dans ses derniers retranchements, assez pour qu'il n'est plus aucun regret et accepte enfin de fuir tout à fait cette existence. Liven aurait subi tous les maux, toutes les insultes sans protester mais pas cette voix douce et chaleureuse, inquiète et timide qui s'élevait dans le silence à sa place. Et qu'aurait-il pu lui dire ? Quels mots auraient effacé la peine qu'il avait pu lui faire ? Quels mots auraient exprimés celle qu'il ressentait ? Ne rien dire, se taire, juste fuir, l'enfer... Liven referma les yeux, son visage trahissant la vive émotion qui lui coupait la respiration. Comment faire face ? Trop d'horreurs commises et trop peu admises. Ne rien dire, se taire... Parce qu'il était le seul à pouvoir les accepter sans pour autant les comprendre. Parce qu'il avait peur, parce que les aveux détruiraient ses fragiles illusions érigées pour se protéger... de lui-même. Il devait la protéger elle. Se rendre inaccessible, l'obliger à l'abandonner, quand bien même il ne s'en remettrait jamais. Il devait trouver les mots qui la blesseraient, qui la convaincraient...

« ...enfuis-toi. Enfuis-toi avant de ne plus pouvoir le faire. Enfuis-toi avant que je n'étiole tes rêves. Protège-toi. Ne me laisse pas t'atteindre. Ne me laisse pas puiser en toi la force dont j'ai besoin pour te détruire...comme j'ai détruit tous les autres. Ne me regarde pas, détourne toi, trahis-moi, renie-moi...comme je l'ai fait moi-même. Abandonne une lutte que je ne peux mener que seul. Laisse-moi avant que je ne te blesse encore. Pars... Quand bien même mes yeux te supplient du contraire. Pars pour survivre, pour survivre à ce que je suis devenu, survivre pour ne pas tomber avec moi. La main que tu veux saisir ne t'entraineras que dans les abysses. Résiste. Résiste-moi. Même si ça me déchire, même si j'ai besoin de toi, même si tu scelles ainsi ma prison de souffrance...» Il aurait du lui dire. Juste quelques mots auraient suffit, forts, violents, froids... Il aurait du la blesser autant que possible même s'il ne pensait qu'à la protéger... Il aurait du. Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas. Il se laissa glisser sur le côté, obligeant son familier inquiet à se pousser à son tour. Il se tournait vers elle, releva ses genoux, ramenant ses bras dont l'un, tendu, longeait la cuisse de la jeune femme. Il posa son front contre son genoux, referma les yeux qui se perdaient déjà dans le tissu de son pantalon, il sait l'un de ses bras qu'elle utilisait pour soutenir sa tête, délicatement mais fermement. Honte et nécessité. Égoïsme, bêtise, faiblesse...


-...s'il te plait...

Prière qu'il ne méritait pas.

-...s'il te plait, reste avec moi.

Misérable, minable, irresponsable... Que faisait-il ? Il la condamnait. Pourquoi devait-il la précipiter avec lui dans cet enfer qu'il haïssait tant ? Et sa voix... simple murmure qui aurait ébranlé n'importe qui. Elle s'amenuisait dans un souffle, roulait dans sa gorge, frémissait entre ses mots, tremblait en résonnant de sa chaleur, grave et profonde. Les sons se heurtaient, s'éteignaient, s'évanouissaient.. elle n'avait jamais eu cette intensité. Elle toujours égale, toujours si neutre malgré les accrocs habituels qui tintaient et roulaient dans ses intonations. Sa voix légèrement éraillée, si nuancée qui s'élevait sans le moindre contrôle si ce n'était celui de ses sentiments, celui de sa souffrance, de son effroi, de sa honte. Qu'elle reste avec lui... quoiqu'il arrive... qu'elle ne l'abandonne pas... qu'elle lui pardonne...

- Je suis désolé... je suis tellement désolé...

Des excuses qui ne serviront à rien, même si elles ne lui ressemblaient pas, si dans sa bouche elle prenaient tout leur sens. Il ne pouvait plus articuler davantage. Il ne contrôlait pas les larmes qui étaient montées à ses yeux et auxquelles il s'abandonnait. Liven craquait, tout simplement. Trop de regrets, trop de souffrance, trop de douleur, trop de désespoir... Et Arya, qu'il ne voulait pas laisser partir, serrant son bras, sa hanche de son bras tendu, pleurant contre son genoux comme cet adolescent d'autrefois quand la solitude devenait trop dure à supporter bien qu'à l'époque il se soit contenté des siens. Allongé là, pitoyable, juste conscient que pleurer et sentir sa chaleur lui faisait du bien, le rassurait.

-Pardonne moi... Ne me laisse pas...

Ne pas l'abandonner et mourir un peu, avec lui...



AGAIN
« Non desistas, non exieris »





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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Mer 30 Juin 2010 - 23:25

Silence.

Liven referma les yeux, comme pour fermer l'accès de ses émotions à son visage. Et quelles émotions ! Arya ne l'avait jamais vu comme ça. Pas aussi… vulnérable ? Mais Liven pouvait-il seulement être vulnérable ? Quelle idée saugrenue ! Et pourtant… Et pourtant il était là, allongé devant elle. Et pourtant il venait de perdre tout contrôle. Et pourtant, des doutes l'assaillaient. Lui qui gardait habituellement son visage fermé, aussi inexpressif qu'une huître, ne maitrisait plus rien. C'était déboussolant ; elle était prise au dépourvu. Se pouvait-il que le fait d'avoir cédé à la magie noire l'ait autant détruit ? Que les racines du mal fussent plus profondes que ce qu'elle croyait au premier d'abord ? Mais pourquoi n'avoir alors rien dit ? Pourquoi être resté dans son coin, à porter les malheurs du monde seul sur ses épaules ? La fierté de Liven l'aveuglait-il au point qu'il ne vît pas qu'il n'y avait aucune honte à demander de l'aide devant de si gros problèmes ? C'était tellement énorme… L'effondrement de son ami soulevait tant de questions dont elle n'avait pas les réponses… Elle croyait le connaître. Qu'en était-il vraiment ?

Le jeune homme se tourna vers elle, se rapprocha d'elle. Comme en quête de réconfort. Oui, Liven était vulnérable. Qu'à cela ne tienne, elle le protégerait. Simple illusion réconfortante ? Détermination… Futile, peut-être. Mais elle avait décidé d'abandonner un moment la sagesse au profit de ses désirs. Elle était prête à beaucoup de choses pour obtenir ce qu'elle voulait. Liven l'avait protégée un grand nombre de fois, à elle maintenant de lui rendre la pareille et de lui apporter son soutien. Il saisit l'un de ses bras. Surprise, elle leva la tête et le lui abandonna. Elle le sentait si près d'elle… Elle se troubla. Non, ce n'était pas le moment d'y penser. Elle se raccrocha à l'idée qu'elle devait être là pour le protéger. Oui, voilà. Le protéger.


-...s'il te plait...

Son cœur rata un battement. Cette voix… Cette voix la bouleversait au plus profond d'elle-même, l'atteignait comme une flèche en plein cœur.

-...s'il te plait, reste avec moi.

Nouveau battement raté. Comment, mais comment pouvait-elle résister à une telle prière ? Se rendait-il compte qu'avec cette voix, il pouvait lui demander n'importe quoi ? Il lui était impossible d'y résister. Cette voix qui trahissait tant ses émotions, qui était une fenêtre ouverte sur son âme. Cette voix cassée, éraillée, grave… Murmure. Non, c'était impossible. Elle la touchait trop profondément, trop fortement. La bouleversait trop.

- Je suis désolé... je suis tellement désolé...

De quoi ? Elle faillit lui demander. Désolé d'être ce qu'il était ? Désolé de craquer ? Mais tout le monde craque un jour ou l'autre, Liven. Tout le monde a ses propres faiblesses. Ne t'excuse pas d'être humain…

Elle ne pouvait cependant nier que les larmes de Liven altéraient énormément son jugement – même si elle serait arrivée à la même conclusion en temps normal. Voir Liven craquer, pleurer avait quelque chose d'irréel. Voir une personne d'apparence si solide se fissurer était en vérité très étrange et elle avait du mal à en saisir toute la portée. Il serrait son bras à lui en faire presque mal, et elle le sentait tressauter au rythme de ses sanglots. Elle posa son autre main sur son bras, espérant le réconforter un tant soit peu. La miss ne supportait déjà pas que les personnes qu'elle aimait pleurent. Alors, Liven…


- Pardonne-moi... Ne me laisse pas...

Quelle idée… Comment pouvait-elle l'abandonner ? C'était impossible. Strictement, physiquement et moralement impossible. Pas après ça. Même avant. Non, elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait, ne voulait pas trahir cette confiance, elle ne pouvait pas le laisser maintenant, au moment où il avait le plus besoin d'elle. Elle ne pourrait plus se regarder dans un miroir si elle le faisait, regarder les gens en face. Elle était restée, l'avait soutenu discrètement quand il avait eu des problèmes. Elle devait continuer. Elle voulait continuer. Lorsqu'il avait pu avoir besoin d'elle, elle n'avait attendu qu'une demande à l'aide pour lui prouver sa présence. Mais Liven avait trop de fierté. Et elle… Elle tenait trop à sa liberté pour intervenir et interférer dans celle des autres. Peut-être aurait-elle dû, et prendre le risque de se faire repousser… Mais bon, c'était trop tard maintenant. La demande à l'aide qu'elle attendait était venue. Et pourtant, elle aurait préféré qu'il n'y en eût pas. C'était contradictoire, mais tellement normal…

Je ne t'abandonnerai jamais. Tu m'entends ? Jamais.

Clair, net, catégorique, le temps d'une affirmation. Jamais. Un point, c'est tout.

Elle sentit des larmes poindre leur nez. Battit rapidement des paupières, heureuse que Liven ait refermé les yeux. Chassa rapidement une larme de ses cils. Etait-elle bouleversée à ce point ? En s'en rendant compte, elle sourit, à défaut d'en rire. Ce qu'elle était pathétique… Ca y est, c'en était finit d'elle. Et elle s'en apercevait maintenant. Ou plutôt, elle reconnaissait, acceptait le fait. Ne le repoussait plus, ne le fuyait plus. Voir Liven pleurer avait été l'élément déclencheur. Elle ne supportait pas de le voir dans cet état. Ca la bouleversait trop. Il ne le méritait pas.

Est-ce qu'elle était amoureuse ?

Oui. Amoureuse de cet homme si complexe. Amoureuse de cet être bourré de qualités qui les cachait derrière un masque de glace, de cette personne si fragile qui se protégeait et voulait protéger les autres en se rendant inaccessible, de cette personne qu'elle connaissait si bien depuis si longtemps mais qui restait encore un grand mystère... Liven, en somme.

Elle le regarda, passa une main dans ses cheveux et la y laissa. Sourit. Juste, être là.



[Hj : Oui je sais je suis en retard, oui je sais la fin est naze, pourave et tout ce que tu voudras, oui je sais tu es tellement meilleur que moi ><

Ca va presque faire un an que le topic est en cours. Je suis trop lente ><]


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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Dim 4 Juil 2010 - 17:01

    [Tu vas me haïr, oui je sais. D'une je réponds à la vitesse de l'éclair et de deux je fais encore des longueurs astronomiques. Mais que veux-tu, un Liven torturé et amoureux sans le savoir c'est jouissif.]





    C'était injuste...
    Il résistait à ces larmes chaudes et cristallines qui pourtant continuaient d'inonder son visage, à ces sanglots incontrôlables et puissants qui secouaient sa poitrine, à ce souffle rauque et irrégulier qui résonnait d'un silence trop longtemps contenu. Les sursauts ranimaient chaque fois un peu plus la tension constante qui dominait chacun de ses muscles et l'obligeait à retenir sa respiration avant de se relâcher. Vagues successives et implacables qui le terrassaient en même temps qu'elles le soulageaient. Sans en avoir véritablement conscience, il serrait le bras d'Arya comme une attache dont il ne voulait surtout pas se défaire. Son front apposé contre le genou de la jeune femme, il se dissimulait en partie, sans réaliser que ses mèches éparses dégringolaient plus volontiers sur l'arrière de son crâne que sur son visage torturé. Il gardait résolument les yeux fermés, comme un vain et dernier espoir de contenir les larmes qui s'amendaient de tout contrôle, comme si se réfugier dans cette obscurité aveugle pouvait l'aider à nier cet abandon inavouable. Prisonnier de ses émotions, écrasé par leur inconcevable revanche sur leur ancien geôlier, Liven en était réduit à une vulnérabilité qui l'apeurait et le laissait démuni. Il la combattait avec une énergie feinte, un mensonge supplémentaire qu'il s'infligeait pour espérer retrouver un minimum de stabilité. Une tentative vouée à l'échec. Il était vaincu avant même d'avoir réaliser ce qu'il devait affronter, il était perdu avant même de comprendre qu'il s'était égaré. Dans son dos, la fourrure chaude et épaisse de la genette se pressait sur ses épaules. Elle s'appuyait contre lui avant de se détacher pour mieux y revenir. Par moment, elle lui mordillait gentiment l'oreille avant de se résigner au silence de Liven et de fourrer sa petite tête chaude et douce contre son cou. Une présence, un soutient dont il avait pleinement besoin, tout comme il avait besoin de celui d'Arya. Sentir sa chaleur, sentir son parfum, sentir sa compassion et l'amitié qui lui était si précieuse et qu'il craignait tant de perdre à jamais.


    - Je ne t'abandonnerai jamais. Tu m'entends ? Jamais.


    ...Jamais. Jamais comme une irréductible résolution ? Jamais comme une promesse d'éternité ? Arya... Liven voulait y croire, égoïstement. Il voulait la savoir à ses côtés, quelques soient les tumultes qu'il avait à affronter, les incertitudes qui l'effrayaient. Ces mots... inscrits à l'encre indélébiles au fond de son cœur. Jamais... Le soulagement allégea ses remords, l'espoir remplaça l'abattement. Lentement, il releva le bras qu'il avait laissé sur le sol, contre la hanche de la jeune femme pour apposer doucement sa main contre celle-ci, exerçant une pression légère qui l'attirait davantage vers lui. Signe qu'il avait compris, signe qu'il ne la laisserait pas partir de toute façon, signe qu'il l'espérait avec plus de force qu'il ne l'avait jamais avoué. Ses sanglots ne se calmèrent pas pour autant. Le moindre mot, le moindre geste, la moindre pensée redoublait l'intensité de la peine à laquelle il s'abandonnait. Il s'était entêté, des années durant, à préserver ses peurs les plus intimes, ses pensées les plus secrètes, ses émotions les plus violentes. Il s'était fermé, hermétiquement, pour ne jamais avoir à souffrir d'être découvert si pitoyable, si douloureusement vulnérable. Cette solitude, sa meilleure ennemie, elle l'avait faite voler en éclat. Lentement, patiemment, résolument... Sa souffrance, sa pire compagne, elle la partageait en cet instant. Douloureusement, courageusement, passionnément... Pour la première fois, Liven réalisa que personne d'autre n'avait jamais été témoin de son renoncement, de ses faiblesses mises à nues. Il s'était isolé des autres, il s'était rendu inaccessible, et c'était dans la solitude la plus absolue qu'il s'était parfois autorisé pareille détresse. Afin qu'elle ne soit connue que de lui, afin qu'elle ne puisse être utilisée contre lui, afin qu'il puisse l'oublier et la renier aussi souvent qu'il en avait envie. Jusqu'à aujourd'hui... Jusqu'à ce qu'il éprouve le besoin d'imposer une limite à ce cercle vicieux, fruit de ses tourments. Jusqu'à ce qu'il comprenne... Il avait tenté de maintenir Arya aussi loin que possible de tout ceci, du monde fait d'injustices, de regrets et de douleurs qui était le sien. Il avait voulu la protéger en la laissant dans l'ignorance, lui éviter les mêmes déceptions et les mêmes inquiétudes. Pourtant, en cet instant, ce n'était plus lui qui protégeait l'autre. Liven en était conscient. Il ne pouvait exprimer sa reconnaissance autrement qu'en la laissant s'approcher pour la première fois de sa personnalité dénudée de son écorse froide, distante et arrogante.


    Soudain, il frissonna violemment. Les doigts d'Arya, fins et hésitants se posèrent délicatement sur son front, courant en une caresse légère et fraîche sur sa peau avant d'effleurer ses cheveux. Ils se retirèrent pour mieux replonger dans la chevelure rêches et rebelles, sans se préoccuper de leur toucher de paille et de leur froissement sec. Elle laissa tomber sa main derrière son oreille, pratiquement jusqu'à sa nuque et un autre frémissement le saisit. Ce geste doux, réconfortant, si agréable... Liven lâcha le bras de la jeune femme pour y prendre une autre prise au dessus du coude. Il remua un peu son long corps replié sur lui-même pour bouger la tête et dissimuler autant que possible son visage dans le genou d'Arya. Pourquoi supportait-elle tout cela ? Pourquoi lui pardonnait-elle ? Pourquoi savait-elle trouver les mots et les gestes qui l'atteignaient dans sa tour d'ivoire ? Elle le connaissait depuis qu'ils étaient adolescent à l'Académie. Il aurait du couper les points aussi vite que possible s'il avait voulu qu'elle le connaisse moins, s'il avait voulu qu'elle s'éloigne de lui. Il ne l'avait pas fait, sciemment, parce qu'au fond de lui, il avait toujours su la réponse à sa question. Parce qu'il savait qu'il pouvait lui accorder toute sa confiance, qu'elle ne le trahirait jamais. Parce qu'il avait toujours su qu'elle ne l'abandonnerait jamais. Liven avait eu besoin d'entendre ses mots, d'entendre sa voix ferme et résolue succéder à la sienne désespérée et hésitante. Doucement, ses larmes se tarirent, ses sanglots s'espacèrent, son souffle retrouva un semblant de régularité ponctuée ça et là d'un reniflement léger et discret ou d'un dernier sanglot. Son corps se détendit avec épuisement, il ne se contentait plus que de poser ses mains sur son bras et sa hanche plutôt que de les serrer. Liven entrouvrit les yeux, juste assez pour laisser le vent sécher progressivement ses larmes, ne voyant rien d'autre que des brins d'herbes flous et les jambes repliées d'Arya auxquelles succédaient un pan de ciel azuré et limpide. Dans le silence, il se laissa bercer un moment par les allées et venues de la main d'Arya qui l'apaisaient.


    Calmé, Liven fit le point. Une nouvelle fois il avait céder à la magie noire. Les conséquences l'auraient plongé dans un puits sans fond de regret et de douleur mais sur le moment, comme à chaque fois qu'il se laissait submergé, elles ne l'avaient pas effleuré. Comme toujours, seuls avaient compté la satisfaction immédiate, l'impunité, la puissance. Une larme se profila au coin de son oeil avant qu'il ne le ferme et n'inspire une grande goulée d'air. Par réflexe, sa main sur le bras d'Arya augmenta imperceptiblement la pression. Tout allait bien. Elle était là, c'était terminé. Tout allait bien. Il avait cédé donc. Sa fatigue, sa volonté de gagner à tout prix, sa tendance à se tourner vers la facilité avaient concouru à cette débâcle incontrôlable de violence, à cette démonstration de puissance magique hors du commun. Ainsi donc, si jamais il était proche d'atteindre ses limites en matière de magie conventionnelle, il était plus vulnérable à la tentation d'utiliser la magie noire. En d'autres termes, Liven se retrouvait dans une situation impossible à supporter à ses yeux. Il se refusait à utiliser la magie noire. Pourtant, s'il ne le faisait pas, il ne pourrait plus jamais progresser sans risquer de se faire submerger. De plus, l'insomnie, les nausées et les migraines accéléraient sa fatigue et donc le rendait plus apte à se laisser tenter. Par ailleurs, dans de telles conditions, il n'était pas dit que des magas doués, du niveau d'Arya, ne seraient pas capables de faire jeu égal avec lui. C'était ironiquement cruel. La magie qui était censée le rendre plus fort et lui ouvrir les champs des possibles les contraignait au contraire et diminuait même la puissance dont il aurait pu jouir par le passé. En un sens, il se sentait acculé. Telles que les choses étaient, il se retrouvait incapable de combattre des magas à la puissance communément élevée. Pire, c'était une réalité irréversible. Le seul exemple de mage noir qu'il avait jamais eu étant Sorel, il avait pu observer qu'un abandon total à la magie noire lui avait permis de mettre fin à ses remords et à cette situation de blocage. Ainsi, la seule solution était celle qu'il ne pouvait accepter. Désormais, il était même constamment menacé d'y être contraint si jamais il n'était pas vigilant et continuait de se laisser aller à des sorts d'une rare complexité en matière de magie noire.


    Liven ne se pardonnerait jamais pour ce qui venait de se passer, quand bien même Arya semblait s'oublier devant l'ampleur du défi qu'il avait à relever. Alors qu'il avait l'habitude de tout contrôler, alors qu'il se devait de renforcer sa volonté, il ne pouvait se permettre de tolérer pareilles dérives. Cette irresponsabilité ne lui ressemblait pas. Liven n'était pas le genre d'homme à fuir ainsi devant ses devoirs. Non, il le savait. Évidemment, si les choses étaient faciles, il n'en serait pas là, il n'aurait pas besoin de sentir les doigts d'Arya dans ses cheveux pour se rassurer. Mais peut-être qu'en l'ayant à ses côtés, il parviendrait à relever ce défi... Il retira sa main du bras d'Arya pour saisir la sienne et l'obliger à stopper sa caresse dans ses cheveux. De l'autre, il prit appuie sur le sol et bascula pour se relever, lâchant la main d'Arya par la même occasion. De profil par rapport à la jeune femme, il passa en position assise, ramenant ses longues jambes pour planter ses genoux au ciel. Un coude sur l'un deux, il laissa retomber son front dans sa main levée. Il resta ainsi un instant à se concentrer sur sa respiration puis il passa cette même main dans ses cheveux, tournant son visage du côté opposé à Arya pour lui cacher avec futilité ses yeux rougis. De la paume, il essuya ses joues encore empruntes du sel de ses larmes avant de reprendre son front des deux mains dans le silence, puis de les laisser couler jusqu'à sa nuque sur laquelle il croisa ses doigts. Tout allait bien. Elle était là, c'était fini. Liven tourna son visage vers Arya, hésitant, laissant ses yeux, d'autant plus bleus que sa peau était rougie, vagabonder quelque part sur le sol les séparant. Il n'était pas tout à fait certain de rester ainsi maître de lui-même s'il croisait son regard. Faiblement un sourire se dessina sur ses lèvres, lui donnant un air triste et mélancolique, avant de s'étirer davantage jusqu'à paraître franc sans pour autant se départir de sa tristesse.



    - ...Je suis ridicule n'est ce pas ?


    Un ultime effort lui permit de lever enfin les yeux dans ceux d'Arya sans pour autant cesser de sourire. Oui, il relativisait un événement pourtant majeur et marquant pour eux deux. Arya ne l'avait jamais vu ainsi. Elle n'aurait même certainement jamais supposé que cela pouvait arriver. Il le savait mais n'y pouvait rien. Cette partie de lui-même si jalousement dissimulée, elle la partageait à présent et devrait tout autant que lui l'accepter. Toutefois, son ton était léger, la voix un peu enrouée par les larmes qu'il avait versé, inhabituellement inégale et toujours aussi pleine des accrocs qui faisaient son charme. Pourtant, malgré cette belle tentative, il sentit ses yeux s'embuer à nouveau et c'est en jurant sur un ton désolé et plein de pudeur et de réserve qu'il leva une main à son visage pour essuyer ces larmes-ci. Dire quelque chose, la rassurer, lui dire ne pas s'inquiéter... Non, ne pas lui mentir.


    -Je ne voulais pas que tu aies à supporter ça.


    Obligé de marquer une pause, il en profita pour baisser les yeux à nouveau et essuyer encore ses yeux dans un geste qui montrait clairement que cela l'agaçait.


    -Je...


    Chercher ses mots alors qu'il s'exprimait toujours avec cynisme et assurance... Il sourit encore, ricanant par dépit de son incapacité à fournir une explication digne de ce nom. Contraste saisissant entre sa détresse et son rire qui sonnait comme un jugement cruel et dur qu'il portait sur lui-même. Il inspira profondément avant de se lancer.


    -A la base, la magie noire ne pose pas vraiment de problème pour des sorts de base. Les choses se corsent quand on en arrive à une utilisation régulière à un niveau poussé. En réalité, elle laisse le champ libre aux instincts, elle se plie à tes désirs en faisant une totale abstraction de ta raison. Le pire, c'est que tu ne t'en rends même pas compte...



    Nouvelle pause sans laquelle il ne pouvait continuer. Il ferma les yeux un instant, tout à son trouble et leva à nouveau une main pour y poser son front, pour se cacher inconsciemment aux yeux d'Arya et pouvoir poursuivre.


    -Disons que... selon que tu sois plus ou moins stable émotionnellement parlant, tu es plus ou moins sujet à te laisser totalement submergé. Pour moi c'est comme ça que ça marche et... ce qui vient de se passer...


    Il souffla un bon coup et se pinça les lèvres. Trop tôt. Trop tôt pour en parler.


    - ...je veux dire... ça n'aurait jamais du arriver... Tu n'aurais jamais du te retrouver ainsi en danger. Tu...


    Liven eut l'impression de suffoquer et préféra se taire alors que de nouvelles larmes avaient franchi la barrière de ses cils. Il les chassa d'un air rageur, fronçant les sourcils et retrouvant un peu de sa sévérité habituelle. Depuis quand n'était-il pas capable d'aligner trois mots sans pleurer alors que cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas laissé ainsi aller ??? Sabbat posa une patte sur sa cuisse, interrogatrice mais aussi encourageante.


    - Tu aurais du rester loin de tout ça, loin de moi... mais...



    **...mais ne me laisse pas...**



    La voix irrégulière, grave et douce, juste éraillée et à peine murmurée... Liven raccrocha fugitivement ses yeux à ceux d'Arya, parvenant difficilement à rester calme tout en retenant sa respiration. Il aurait du l'éloigner. Il aurait du souffrir seul. Il ne le voulait plus.


    - Désolé...


    Encore... Décidément, il n'avait jamais du autant s'excuser de sa vie. Liven leva la tête vers le ciel avant de la rabaisser aussitôt, témoignage de l'agitation qu'il ressentait encore, contraste avec son calme coutumier. Il revint vers Arya et soutint son regard avec un sourire doux, honnête, désarçonnant.


    -...et merci.


    Et ce murmure, encore, qui roule et s'éteint... sincère.



AGAIN
« Non desistas, non exieris »





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Arya Evans
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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Jeu 5 Aoû 2010 - 15:40

Liven se calma peu à peu tandis que les yeux d'Arya fixaient l'herbe près de lui, le regard dans le vide, pensif. Ou plutôt, absent. Car en dans le moment présent, elle ne pensait à rien. Rien, juste l'instant. Juste, tenter de saisir l'instant, le recueillir pour mieux s'en souvenir par la suite. Cet instant éphémère qui s'envole dès qu'on essaie de le toucher de son esprit, de le saisir, cet instant insaisissable, à portée de main mais inaccessible. Ce moment que l'on souhaiterait voir toujours durer mais qui éclate chaque seconde pour mieux se reformer. Elle était si bien en cet instant… Le vent jouait négligemment avec quelques unes de ses mèches sans apporter trop de fraicheur, elle était confortablement assise, Liven près d'elle, paisible. Dormait-il ? Non, sans doute pas. Sa main se baladait dans ses cheveux, tranquillement, légèrement. Elle s'enroulait autour d'une mèche puis s'en défaisait doucement pour aller jouer ailleurs. Qu'elle était bien… Depuis quand ne l'avait-elle pas été ainsi ? Sa vie n'était pas mauvaise, à vrai dire elle avait plus ou moins ce qu'elle voulait, pas grand-chose à craindre. Elle savait apprécier les petits plaisirs de la vie, était heureuse. Ce n'était que maintenant qu'elle remarquait qu'une chose lui avait manqué jusqu'ici. Une présence, une présence à ses côtés, à protéger et à aimer, quelqu'un qui compterait beaucoup plus qu'un simple ami pour elle. Etonnant comment les choses qui vous manquent paraissent évidentes une fois que vous avez mis le doigt dessus. Elle avait donc trouvé une des choses qui lui manquaient. Elle ne pensait pas que ça aurait pu lui arriver, à elle, de nature plutôt solitaire, de regretter une présence à ses côtés. Ses parents ne lui avaient en effet jamais vraiment manqués, toujours partis en voyage aux quatre coins du globe. Mais il ne lui fallait pas n'importe quelle présence, plutôt celle d'une personne précise…

Elle fut coupée de ses pensées par Liven qui interrompit la course de sa main dans ses cheveux. Il la garda un instant puis la relâcha, et elle en profita pour appuyer sa tête contre ses mains, coudes sur genoux. Ainsi donc, il avait fait le point en lui-même et plus ou moins repris le contrôle de ses pensées. D'un certain côté c'était rassurant, mais ça ne l'empêchait pas de voir l'état d'instabilité avancé dans lequel il était toujours. Maintenant qu'elle l'avait vu craquer, elle parvenait à mieux voir en lui, à passer outre ce masque de glace qu'il aimait composer pour se protéger. Sauf que cette fois, il n'avait pas pris la peine de le mettre. Serait-il arrivé aux mêmes conclusions qu'elle ? Que ça ne servait plus à rien de se cacher devant elle ? Sans bouger, elle le regarda se redresser, récupérer, tenter de lui cacher ses yeux rougis. Peine perdue, mais elle n'y faisait plus attention. Elle tentait plutôt de capter son regard sans y parvenir, tentait d'avoir un aperçu de ce qu'il pensait à cet instant sans réussir. Il ne la regardait pas. Pourquoi ? Avait-il peur de ce qu'elle pourrait comprendre ? Ou avait-il… honte de ce qu'il s'était passé ? Non, c'était ridicule.


- ...Je suis ridicule n'est ce pas ?

Il lui souriait, tristement, mais souriait. Elle ne répondit pas. En fait, elle ne savait même pas quoi répondre. Elle ne le trouvait jamais ridicule, mais comment dire ça sans que ça paraisse bizarre ? Il leva enfin les yeux vers elle et elle sourit franchement à son tour. Son sourire traduisait sa réponse. Non. Des larmes lui venant aux yeux, il les essuya rapidement en se détournant. Elle ne bougea pas, de peur de casser la paix fragile qui s'était installé. Ce n'était pas à elle de parler.

-Je ne voulais pas que tu aies à supporter ça.

Arya mit ses mains derrière elle pour s'appuyer dessus, sur l'herbe sèche et froide qui glissait entre ses doigts, sur la terre ferme et molle à la fois. Elle leva ensuite un sourcil très évocateur : "Tu te fiches de moi ou quoi ?" accompagné de l'expression qui voulait dire tout ce qu'elle pensait de cette stupide phrase. Elle préféra encore une fois ne rien dire même si elle n'en pensait pas moins. Elle pouvait l'aider, bon sang ! Il n'était pas tout seul à devoir tout supporter ! C'était quand il parlait comme ça qu'elle avait envie de le frapper. Tynador vint se lover dans son dos, apportant sa chaleur et l'aidant à relativiser. Il était en état de choc, et c'était normal. Quoiqu'avec Liven, peu de choses étaient normales.

-Je...

Une hésitation, incongrue chez Liven mais normale dans cette situation. Cela la fit immédiatement redevenir attentive, sans cette expression à moitié blasée et à moitié mécontente sur son visage. Elle n'avait toujours rien dit, économisant ses mots, le laissant se remettre et reprendre de l'assurance. Toujours pour ne pas briser cette paix fragile, ce silence que seul lui pouvait troubler naturellement.

-A la base, la magie noire ne pose pas vraiment de problème pour des sorts de base. Les choses se corsent quand on en arrive à une utilisation régulière à un niveau poussé. En réalité, elle laisse le champ libre aux instincts, elle se plie à tes désirs en faisant une totale abstraction de ta raison. Le pire, c'est que tu ne t'en rends même pas compte...

Nouvelle pause, nouveau silence. Elle ne disait toujours rien, ne réagissant pas si ce n'était par un léger hochement de tête, montrant qu'elle comprenait et qu'elle était attentive. Ce qu'elle avait entendu sur la magie noire d'autres personnes corroborait ce qu'il disait. Néanmoins, tout le monde n'avait pas les mêmes problèmes à y résister. Ceci dit, ce n'était pas pour rien que la magie noire était mal vue à Gamaëlia. On avait trop entendu d'histoires sur les Magas qui avaient mal tourné, sur les Sombréens qui s'abandonnaient complètement à la magie noire et provoquaient des ravages. L'usage précautionneux et parcimonieux de cette magie n'était guère connu. Peut-être n'était-ce tout simplement pas sa fonction principale, de base, après tout. Peut-être qu'elle avait été créée, "trouvée" pour servir d'arme. D'où l'adjectif "noir". Mais toute magie pouvait être détournée de sa fonction première. Comme la magie conventionnelle.

Elle revint sur Gamaëlia quand Liven recommença à parler. Elle n'avait pas fait attention à ses gestes.


-Disons que... selon que tu sois plus ou moins stable émotionnellement parlant, tu es plus ou moins sujet à te laisser totalement submergé. Pour moi c'est comme ça que ça marche et... ce qui vient de se passer...

Voilà qui confirmait ses pensées. On parlait parfois de "force d'esprit", mais "état mental" était un terme plus général.

- ...je veux dire... ça n'aurait jamais du arriver... Tu n'aurais jamais du te retrouver ainsi en danger. Tu...

Encore les mêmes bêtises. La vie était faite de dangers, celui-là était juste un peu plus… particulier ? que les autres, c'était tout. Liven avait visiblement du mal à trouver ses mots, à mettre un nom sur ce qu'il venait de se passer, à faire le point, vis-à-vis de lui-même. Cela ne devait vraiment pas être évident. Elle se demanda comment elle aurait réagi après une telle scène, en inversant les rôles. Oui, elle aurait sans doute été pareille, voire pire. C'était parfaitement compréhensible. Et elle aurait voulu que personne d'autre qu'elle ne parle, pendant qu'elle le faisait, pour organiser ses pensées et mieux appréhender le sujet, elle aurait voulu le silence. C'est pourquoi il fallait s'y astreindre, même si elle allait répliquer avant de voir des larmes monter aux yeux de son ami, trahissant une émotion trop forte qui l'embêtait. Elle se reprit donc, espérant qu'il n'avait rien remarqué. Il fallait le laisser finir.

- Tu aurais du rester loin de tout ça, loin de moi... mais...

Mais je ne l'ai pas fait, c'est arrivé et je ne t'en veux pas. Voilà ce qu'elle voulait lui dire. Mais il n'avait pas fini. Alors elle se tut, garda ses pensées pour elle. Elle le regarda juste, en souriant légèrement. Affichant sa présence à ses côtés, le soutenant. Parce qu'il en avait besoin, parce qu'elle ne pouvait pas le laisser, et parce que ça lui semblait normal et naturel, d'être là, comme ça.

Ses yeux rencontrèrent fugitivement ceux de Liven et son cœur manqua un battement. Qu'ils étaient beaux… D'un bleu si clair qu'ils en étaient presque blancs, encore humides et brillants d'avoir pleuré, qui la regardaient, la priant de rester, de ne pas le laisser, de lui pardonner… Comme si elle était capable du contraire ! La respiration saccadée, il la regardait, de ces yeux si bleus qui la captivaient… Comment pouvait-on avoir un tel regard ? Il la faisait fondre.


- Désolé...

Le coup de grâce, assené d'une voix grave et éraillée, aussi belle que son regard. Ah, comment pouvait-on seulement songer à y résister ? Comment une telle voix pouvait-elle exister ? Elle aurait voulu immortaliser cet instant pour toujours. Elle voulait voir ces yeux tout le temps, entendre cette voix aussi souvent que possible, et se noyer dans ce regard de glace. Hum, ne serais-tu pas un peu folle, chère Arya ? Si, c'est fort possible. On parlait de Liven, quand même. Ce n'était pas n'importe qui.

-...et merci.

Correction : ceci était le coup de grâce. Il lui souriait doucement, franchement, la regardait de la même manière. Sa voix était égale à elle-même, irrésistible. Le coup de grâce, en somme. N'y tenant plus, Arya se redressa doucement, sourit comme jamais elle n'avait souri à Liven, et s'approcha pour passer ses bras autour de son cou. Comment ça ce n'était pas surprenant ? Mais si, mais si. Il y en avait en tous cas au moins un qui ne s'y attendait pas : Liven ne vit pas le coup venir, et parut assez surpris qu'elle le prenne dans ses bras ainsi, du moins le pensa-t-elle. Elle ne vit pas vraiment son expression puisqu'elle posa sa tête au creux de son cou et ferma les yeux. Il tremblait encore un peu, mais peut-être était-ce de froid ? Pourtant il était agréablement chaud… Elle sentait sa présence, forte et solide entre ses bras, et le serra encore plus fort. D'aussi près, elle sentait parfaitement son odeur, un parfum discret mais de bon goût, et quelques traces de sel… Une larme séchait sur son cou.

Il se passa quelques instants avant qu'elle ne se rende compte de l'incongruité de la situation, ouvre les yeux et ne se reprenne. Brusquement, elle s'écarta, mortifiée. Elle avait fait un câlin à Liven ! Mais qu'elle était stupide ! C'était à tous les coups le genre de choses qu'il n'aimait pas, et encore moins après avoir craqué devant elle comme ça ! Stupide, idiote et irréfléchie, voilà ce qu'elle était ! Elle n'avait plus qu'à s'excuser.


Je…

Elle sentit brusquement le rouge lui monter aux joues. C'était peut-être idiot, n'empêche qu'elle n'avait pas trouvé ça désagréable. Elle s'en serait presque voulu.

Je… Désolée, je… Je ne sais pas ce qu'il m'a prit. Je voulais juste… Te montrer que… Que je serai là pour toi, quoi qu'il advienne et quoi que tu dises.

Elle réussit à reprendre un peu de sérieux, mais elle sentait toujours ses joues en feu. Elle mordit sa lèvre inférieure : qu'avait-elle donc fait ?


T'es mort
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MessageSujet: Re: Cours particulier ou jeu de massacre [Terminé]   Mar 10 Aoû 2010 - 23:11

    [hrp : c'est court, c'est mal écrit, c'est pitoyable mais c'est rédigé. Je n'aime pas faire les fins T___T]


    Fragilité. Celle d'une voix qui vibrait encore dans le souffle du vent, celle des confessions qui troublaient encore la sérénité de leurs cœurs, celle d'un moment éternel et pourtant éphémère qui s'étirait dans le silence. Elle ne l'avait pas interrompu, respectant sa faiblesse et ses hésitations, pardonnant ses erreurs et son aveuglement. Fragilité. Celle d'un homme perdu entre ses rêves et sa réalité, celle d'un courage trop éprouvé pour satisfaire sa fierté, celle d'une assurance qui vacillait sur la base de certitudes rongées par le doute. Elle l'avait écouté, comprenant sa douleur et ses angoisses, acceptant sa vulnérabilité et son obstination. Fragilité. Celle d'un regard échangé, celle d'un aveu inavoué, celle d'une complicité partagée. Le jeune homme expira lentement en un soupire léger. La tension de ses épaules disparut, l'inquiétude sur son visage s'évanouit, le trouble dans son esprit s'apaisa. Étrange sensation que cet apaisement mêlé d'épuisement qui le sauvait d'une quelconque réflexion. Étrange mais agréable, reposante, indispensable. Un instant, il lui sembla être revenu à cette époque d'ambition et de naïveté, quand tout était plus simple et plus facile à accepter. Sauf que les choses n'étaient jamais simples, sauf qu'on ne fuyait pas son passé, sauf qu'il fallait faire face et se battre, toujours. Trébucher, se blesser, croire en mourir, se relever, tomber encore, souffrir, combattre, brûler de rage, frémir d'angoisse, profiter des miettes de bonheur arrachées à chaque bataille, vivre. Tout simplement. Apercevoir les chances qui lui étaient offertes, les mains qui lui étaient tendues, les joies qu'il pouvait croiser...et les saisir, une à une. Retrouver courage, et avancer. Il ne quitta pas son visage des yeux. Un visage qu'il connaissait bien. Un visage fin et doux, éclairé par ses yeux au bleu profond, allongé vers des lèvres fines. Des lèvres qui lui souriaient d'un sourire où ne rayonnait que chaleur et émotion. Un sourire qui l'engageait à ne pas baisser les bras, un sourire qui l'atteignit plus violemment que des paroles ne l'auraient fait. Les mots s'envolent et s'estompent mais les gestes restent. Ils se gravent dans la mémoire, ineffaçables, tangibles. Ils s'inscrivent dans le cœur, irremplaçables, puissants.


    Surprise. Liven vit ce visage s'approcher du sien, ces bras se refermer sur ses épaules, ce corps se serrer contre son torse. Non, il ne s'attendait pas à ce qu'elle le prenne dans ses bras. Pourtant son corps avait bougé par réflexe. Sa jambe s'était rabattue vers le sol, son buste s'était tourné vers elle, sa tête s'était relevée au-dessus de son épaule. Contact assuré et rassurant, devant lequel il resta totalement interdit. Il frémit en sentant sa chaleur alors que lui-même s'était habitué au froid que le vent propageait. Ou peut-être était-ce le froid qu'il éprouvait chaque jour durant ? Ce froid insidieux et détestable qu'était la solitude. Ce froid dans lequel il s'était complu et qui avait gelé le moindre de ses sentiments, ne laissant que les doutes subsister dans un univers glacial et éteins. Sa respiration lui amena le parfum de ses cheveux, suave et subtil, délicat mais affirmé. Comme elle l'était elle-même... Liven resta ainsi immobile. Pourquoi l'aurait-il repoussée ? Pour quelle raison aurait-il fui ce réconfort ? Pour quelle raison se serait-il astreint à une distance qui manquait de plus en plus de sens ? Non. Il ne chercha pas à la chasser, à relever sa joue collée contre son cou. Elle resserra ses bras, se pressa davantage contre lui, lui qui éloignait toujours les autres et refusait qu'il ne l'atteigne. Ce paradoxe l'effleura au bout d'un moment, lorsqu'il se fut remis de son étonnement, lorsqu'il réalisa que l'étreinte se prolongeait. Il leva davantage la tête, contemplant les montages qui s'étiraient à l'ouest, apaisé. Un sourire naquit sur ses lèvres, horrible de suffisance et ses traits reprirent leur arrogance habituelle. Il était lui-même. Les horreurs, les souffrances, l'abattement, les idéaux, les joies, l'espoir... tout ceci le constituait. Petites parts de lui-même, elles ne le rendaient que plus complexe et insaisissable, énigmatique et intrigant. Oui, il venait de perdre royalement le contrôle et en termes de magie noire, et à titre personnel. Oui, il s'était trahis et livré à quelqu'un contre tous les principes qu'il avait patiemment élaboré. Oui, il était maintenant d'autant plus déterminé à ce que rien de ce genre ne se reproduise, conscient qu'il n'était plus seul à porter ce poids, aussi lourd soit-il. Alors oui, il était désormais parfaitement disposé à se moquer de la jeune femme qui le serrait passionnément dans ses bras comme s'ils se trouvaient dans un magnifique mélodrame. Ce genre de scène on ne les voyait que dans les films ou les romans, où allait-elle chercher tout ça ?


    Il ouvrit la bouche lorsque la genette qui avait surpris ses pensées le foudroya de son regard ambré. Qu'il ose seulement se montrer aussi puéril, mesquin et insupportable, et Sabbat se ferait un plaisir de le lui faire amèrement regretter. D'autant plus que c'était un manque de reconnaissance aussi insigne qu'immonde. Liven plissa les yeux dans une attitude de défi pour s'opposer à son familier mais le dernier argument de celui-ci l'emporta. Il leva la main mais avant qu'il ne se décide à lui rendre son étreinte, Arya se recula brutalement. Son empressement mis à part, il remarqua l'expression incongrue qu'elle affichait, comme si elle venait de commettre une faute impardonnable et lourde conséquence. Certes, Liven reconnaissait qu'il n'était pas la personne la plus encline aux démonstrations affectives, loin de là. Mais ça ne frisait pas la paranoïa et la psychopathie d'une certaine chasseuse de prime de sa connaissance. Évidemment, il n'accordait pas ce privilège à n'importe qui non plus mais jusqu'au dernières nouvelles, ses amis avaient encore le droit de se permettre certaines familiarités. Et puis ce n'était pas comme si Arya ne le connaissait pas. Depuis longtemps elle savait que derrière sa froideur et sa distance de façade il pouvait dissimuler des trésors de tendresse. Du temps de leur adolescence, n'était-il pas sorti avec sa meilleure amie ? Et contre toute attente une nashaovienne de surcroît ? Si ça ce n'était pas être capable de dépasser sa nature de misanthrope forcené... Bien sûr, au vu de la situation, les choses n'étaient pas tout à fait les mêmes, il devait l'avouer. En l'occurrence, ce geste réconfortant trouvait un écho particulièrement puissant et changeait quelque peu la donne de leur relation. Jusqu'ici c'était lui qui l'avait toujours protégé. Se placer dans la perspective de quelqu'un ayant besoin d'aide et donc d'un fardeau était loin de lui convenir. Encore une fois, Liven avait une façon de raisonner pour les autres qu'il distinguait très nettement de celle qu'il se réservait. Toutefois, Liven était avant tout un être contradictoire et le réconfort qu'il y avait trouvé l'empêchait de s'en agacer. Elle butta sur le premier mot de ses excuses, entamée devant un jeune homme médusé et fasciné par le rouge qui montait aux joues de sa comparse. Cette étreinte était-elle réellement sans conséquence comme il le pensait ?



    - Je… Désolée, je… Je ne sais pas ce qu'il m'a prit. Je voulais juste… Te montrer que… Que je serai là pour toi, quoi qu'il advienne et quoi que tu dises.



    Liven resta immobile encore quelques secondes après cette déclaration confuse et précipitée, sans qu'il fut possible de deviner son état d'esprit. Puis il soupira bruyamment, laissant un sourire prétentieux naître sur ses lèvres. Se fut à son tour de basculer en avant, s'aidant de sa jambe couchée dans l'herbe pour s'y appuyer et s'équilibrer. Il s'agenouilla juste en face d'elle, passa son bras fermement dans le dos de la jeune femme, l'appuya juste en dessous de ses épaules pour la mener jusqu'à lui. D'un bras donc, ce fut à son tour de l'étreindre, amusé de la situation et de la gène qu'il devinait chez la chef des magassionnels. Ainsi donc Arya qui était toujours si sérieuse, si mesurée et si réfléchis pouvait agir sur un coup de tête et se trouver particulièrement gênée ? Il tourna la tête pour porter ses lèvres à son oreille.


    - Idiote. Comme si je ne le savais pas déjà.


    Il réalisa qu'une ambiguïté subsistait dans ses paroles vis à vis de la situation, mais qu'après l'avoir prononcée. Il ne s'en inquiéta pas. Arya était sa meilleure amie non ? Elle comprendrait parfaitement...du moins le croyait-il. Il la lâcha et se releva dans le même mouvement, étirant l'un de ses bras en le passant derrière sa tête pour tirer avec l'autre. Liven était Liven. Il avait retrouvé son assurance, son masque de neutralité et d'arrogance mêlées, les secrets de son esprit scellé et inaccessible. Quoi qu'il arrive et quoi qu'il en dise hein ? Fragilité. Celle d'un soupçon infime qui venait de naître et qu'il n'avait pas encore réalisé.



AGAIN
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